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Le Pitch - Cinéma
Émission du mercredi 30 mai 2018

diffusé le mer. 30.05.18 à 0h12
émissions culturelles | 3min | tous publics

JE VAIS MIEUX de Jean-Pierre Améris

 

Avec Eric Elmosnino, Ary Abittan, Judith El Zein et Alice Pol

 

 

Un quinquagénaire est victime d’un mal de dos fulgurant. Tous les médecins, les radiologues et les ostéopathes du monde ne peuvent rien pour lui : la racine de son mal est psychologique. Mais de son travail, de sa femme ou de sa famille, que doit-il changer pour aller mieux ? 

 

Ce film est adapté du roman du même nom écrit par David Foenkinos. Le metteur en scène précise : « En lisant le roman, je me suis vraiment identifié au personnage, au point de me demander s’il ne parlait pas de moi ! David a été épatant, sans doute car il est lui-même réalisateur : il m’a laissé m’approprier son histoire. Nous avons beaucoup échangé au début, je lui ai expliqué ce que je désirais changer, puis j’ai pu travailler seul sur l’adaptation. »

 

Au centre de l’histoire, il y a l’idée du mal de dos. Le réalisateur explique : « Il se trouve que j’en souffre moi-même depuis toujours. Sans doute parce que je suis grand et que je me tiens mal, ayant souvent à me mettre à hauteur des autres. ‘Je vais mieux’ c’est un homme et sa douleur. Je trouvais formidable l’idée de David Foenkinos de raconter, au travers de cette douleur, ce à quoi l’on a tous mal : le travail, le couple, les enfants qui quittent le foyer, les parents qui vieillissent et à qui l’on n’a jamais parlé. Dans toutes ces situations, je me retrouvais pleinement. J’aimais l’idée qu’on puisse traiter de ce sujet fédérateur de manière drôle et fantaisiste. Il n’y a qu’à voir l’engouement pour les livres sur le développement personnel, de la nutrition au rangement de sa maison ! Je crois qu’on est tous malmenés et que cela influe sur le corps et particulièrement sur le dos. Comme dit le psychologue dans le film, le corps, ce trésor qu’on oublie trop souvent, nous parle et il faut l’écouter, car c’est comme une sonnette d’alarme. Le film débute avec Laurent plié en deux. C’est l’homme ramené à sa condition de corps souffrant. Il y a cette idée dans le roman : tant que le corps fonctionne, on n’y pense pas, mais lorsqu’une douleur intervient, il se rappelle à nous. Et l’on voit soudain notre finitude. »

 

Le cinéaste revient sur le choix d’Eric Elmosnino : « Il a un immense talent burlesque. J’ai pensé très tôt à lui. Je trouve qu’il a quelque chose de Buster Keaton, il est souple. C’est un acteur qui travaille beaucoup avec son corps. Or c’est un film où tout ne passe pas par le dialogue. Ce mal de dos permettait de traiter les choses de manière non pas psychologique, mais physique, incarnée, corporelle, visuelle et, en effet, burlesque. »

 

Le mal de dos du personnage d'Eric Elmosnino a induit un travail sur la posture et la démarche du comédien qui évoluent tout au long du film. L'interprète de Laurent se rappelle : « Ce mal de dos induit un travail sur la posture et la démarche qui évoluent tout au long du film… Jean-Pierre Améris m’a aidé, dès le premier jour, à trouver cette position un peu penchée du personnage. Je l’ai ensuite déclinée selon l’avancée de l’histoire. Une fois le costume enfilé et le cartable saisi, la silhouette était posée. À la fin de la journée, je finissais un peu bancal, tant cette histoire de mal de dos avait influé ! Ça travaillait tout seul. »

 

 

MON KET de François Damiens

 

Avec François Damiens et Matteo Salamone

 

 

Dany Versavel a un souci avec son fils : à 15 ans, Sullivan ne veut plus d’un père qui fait le king derrière les barreaux. Pour Dany, son « ket », c’est sa vie, hors de question de le laisser filer. Il décide donc de s’évader de prison prématurément ! Entre cavales, magouilles et petits bonheurs, il a tant de choses à lui enseigner. Un apprentissage à son image. Au pied de biche, sans pudeur ni retenue. Mais là où l’on pouvait craindre le pire, se cache peut être le meilleur…

 

« Mon ket » est le premier film de réalisateur pour François Damiens. Le comédien avait depuis longtemps en tête l’idée d’écrire un long métrage qui parlerait de la paternité et de la filiation. Il explique : « C’est un thème qui me touche beaucoup, celui de ses parents et donc des pères qui essaient de faire du mieux possible pour élever leur enfant mais qui au final font tout le contraire ! Il y a chez eux une vraie volonté de bien faire mais en les regardant agir, on sait nous que ce n’est pas la bonne façon de procéder et qu’évidemment c’est le gamin qui va morfler ! »

 

Le titre du film « Mon ket », est une expression typiquement bruxelloise qui parle de la fierté d’être père. « Mon ket c’est une manière de dire mon fils mais avec la fierté d’un père, comme une prolongation de sa propre personne… Avec l’idée que ce fils réussisse là où son père a échoué. Dany est fier que Sullivan soit encore plus audacieux que lui ! » confie François Damiens.

 

C’est en arrivant au terme de l’écriture du film que François Damiens s'est rendu compte qu'il n'avait personne pour le réaliser et qu'il ne connaissait aucun metteur en scène qui soit venu passer ne serait-ce qu’une journée sur un plateau de caméra cachée... « C’est un exercice très particulier. Quand j’en faisais pour la télévision, il m’arrivait souvent de passer derrière la caméra pour diriger les choses, ce qui était forcément très inconfortable pour les réalisateurs ! C’est comme engager un cuisinier et préparer le repas à sa place… » se rappelle-t-il.

 

François Damiens ne voulait pas placer cette histoire dans celle de la pure fiction avec de vrais comédiens et a donc opté pour ce principe de la caméra cachée. Il précise : « J’adore le principe de jouer la comédie avec des gens qui eux ne sont au courant de rien ! Ca donne souvent de très grands moments, partant du principe que l’on ne peut pas être plus juste, plus réel que ce qu’on est dans la vie… Je trouvais intéressant de pousser l’exercice à un récit de long-métrage. »

 

A part Tatiana Rojot, qui joue la femme de François Damiens, la totalité des autres personnes que l'on voit à l'écran sont des acteurs amateurs occasionnels, comme le jeune garçon qui interprète le fils (Mattéo Salomone), son parrain (Christian Brahy, qui est couvreur dans la réalité) ou encore Nancy Sluse qui joue la 2ème femme. Le metteur en scène raconte : « Tous les autres personnages, j’insiste bien sur ce fait, sont des quidams de la vraie vie. Cela représente tout de même environ 25 personnes qui n’étaient au courant de rien, filmées à leur insu et dont il a fallu gérer les réactions, évidemment totalement improvisées ! »

 

L’acteur-réalisateur se faisait maquiller durant quatre heures chaque jour : prothèses dentaires, décolleurs d’oreilles, faux ventre, fausses cuisses... Une métamorphose nécessaire afin d'éviter que les intervenants ne le reconnaissent. Le réalisateur explique : « C’est en effet le gros écueil de la caméra cachée : quand vous êtes reconnu, vous devez jeter la prise à la poubelle et quand vous pensez avoir été reconnu, ça fausse le jeu et ça plombe la scène… C’est comme raconter une blague à quelqu’un en se demandant s’il ne connaît pas déjà la chute ! »

 

 

BONUS

 

 

DEMI-SŒURS de Saphia Azzeddine & François-Régis Jeanne

 

Avec Sabrina Ouazani, Charlotte Gabris et Alice David

 

 

Lauren, ravissante it-girl de 29 ans, tente de percer dans le milieu de la mode en écumant les soirées parisiennes. Olivia, 28 ans et un rien psychorigide, a deux obsessions : sauver la confiserie de ses parents, et se trouver le mari idéal. A 26 ans, Salma, jeune professeur d’histoire fougueuse, vit encore chez sa mère en banlieue. Leurs routes n’ont aucune raison de se croiser… Jusqu’au jour où, à la mort de leur père biologique qu’elles n’ont jamais connu, elles héritent ensemble d’un splendide appartement parisien. Pour ces trois sœurs qui n’ont rien en commun, la cohabitation va s’avérer pour le moins explosive… 

 

La réalisatrice et scénariste Saphia Azzeddine souhaitait avec « Demi-sœurs » mettre en scène des personnages issus d'horizons différents : « j'avais envie, avec tendresse et légèreté, que mes trois protagonistes mettent les pieds dans le plat en s'interpellant sur leurs origines, leurs parcours, leurs petites habitudes, qu’elles se vannent franchement sans se soucier du politiquement correct, comme on parle dans la vie, quoi ». 

François-Régis Jeanne a été contacté par les producteurs pour accompagner Saphia Azzeddine lors de l'écriture du film qui a duré un an : « Entre-temps, j'ai lu ses livres. J’en aimais leur franchise, et leur côté ‘coup de poing’ girly très énervé. Il y avait dans ses romans une colère, presque une violence féminine qui me plaisait et que je ressentais moins dans son premier film. Du coup, cela me plaisait de tenter une coréalisation avec elle pour rendre la dramaturgie encore plus efficace et apporter une dimension supplémentaire à cette comédie girly torride. ». Sur le plateau, François-Régis Jeanne était en charge de l'aspect technique et de la direction artistique du film avec Christophe Graillot, le chef-opérateur, tandis que sa comparse s'occupait de la direction d'acteurs.

 

Si Saphia Azzeddine n'avait pas d'actrice en tête lors de l'écriture, elle était ravie du choix du directeur de casting : « J'avais très envie de travailler avec Sabrina Ouazani parce que nous nous connaissions et que je la trouvais très douée. J'avais remarqué Alice David dans ‘Bref’ : j'ai tout de suite eu l'idée de la transformer en blonde, pour la démarquer de ses emplois précédents. Elle est devenue ma it-girl et j'ai même un peu modifié le personnage en fonction d'elle. Quant à Charlotte Gabris, je la trouve à part, subtilement drôle avec un oeil un peu fou. »

 

Sabrina Ouazani explique pourquoi elle a accepté le rôle de Salma : « Avant tout, ce qui m'a plu, c'est que Saphia soit allée à l'encontre des clichés attendus pour chacun des rôles. Pour résumer de façon très schématique, on a affaire à une juive, une maghrébine, et une ‘bonne’ Française. Cette situation aurait pu donner lieu à de gros poncifs. Mais Saphia a su démonter tous les a priori.»

 

Quant à Charlotte Gabris qui joue le rôle d’Olivia, elle explique : « Ce qui m'a plu, c'est qu'il ne s'agit pas tant d'un film de filles que d'un film avec des filles, et qu'il parle de la différence avec subtilité. J'ai aimé ces trois femmes, qui sont dénuées de clichés, et j'ai été sensible à ce mélange de sensibilité et de dureté. En plus, je connaissais les deux actrices, Alice David et Sabrina Ouazani, qui campent mes soeurs. C'était un vrai confort de savoir qui allait incarner ces personnages. »

 

Sabrina Ouazani revient sur ses partenaires à l’écran : « Il fallait qu'on soit dans une sorte de ping-pong verbal ! Alice est une amie et j'étais ravie de la retrouver. Quant à Charlotte, je la connaissais un peu et je sentais qu'elle avait une belle énergie : on s'est très vite bien entendues. Elle est simple et bienveillante et elle a été mon coup de coeur sur le plateau : elle est tellement à l'aise dans la comédie ! J'étais donc très heureuse d'apprendre qu'elles allaient jouer mes demi-soeurs. On s'est vues en amont du tournage pour créer une forme de complicité, qui nous lie dès le départ. On a pas mal répété pour trouver le bon rythme et les bonnes intonations : on a trois énergies très différentes, et ça a été un tournage jubilatoire, notamment parce que j'étais très bien entourée de ces deux formidables comédiennes.» Alice David qui joue Lauren rajoute : « C'était génial ! Sur le plateau, c'était assez magique : nous n’avons rien eu à fabriquer, je crois même qu’on pouvait être assez inépuisables mais aussi épuisantes ! Bien souvent, j’avais l’impression d’avoir de vraies soeurs à mes côtés, et c’était un grand bonheur. On avait des loges séparées, mais on pouvait être sûr qu'on nous retrouvait toujours posées ensemble. »

 

 

L'HOMME DAUPHIN SUR LES TRACES DE JACQUES MAYOL de Lefteris Charitos

 

Avec la voix de Jean-Marc Barr

 

 

En 1988, sort le Grand Bleu, un film qui s’inspire de l’histoire de Jacques Mayol. Ce plongeur en apnée jusque-là quasi inconnu, devient soudain une star internationale. Son histoire a influencé toute une génération de jeunes gens dans leur manière d’appréhender la mer. Un voyage sur les traces de cet amoureux de la mer, pour découvrir ce que fût sa vie et quel héritage a laissé derrière lui cet homme qui fut le premier à descendre à 100 mètres de profondeur en plongée libre.

 

Le réalisateur revient sur la note d’intention : « Ce film est l’histoire d’un homme charismatique ayant partagé sa vie entre la terre et l’eau, tout en nous sensibilisant à notre affinité avec la mer. Athlète, philosophe et aventurier, Jacques Mayol a voyagé à travers le monde. Il a réussi à convaincre de nombreux admirateurs de la nécessité de se reconnecter à la nature. Le film traite de sujets essentiels liés à la condition humaine : la mort, les limites physiques, notre retour vers Mère-Nature, les pièges de l’ambition personnelle et de la célébrité, l’équilibre du corps et de l’esprit au travers de la méditation… Tous ces thèmes liés à la vie de Jacques Mayol ont guidé le récit du documentaire. L’Homme Dauphin engage le spectateur tant par les sens que par les émotions. Pour Mayol, chaque plongée était une tentative d’entrer en harmonie avec le corps et l’esprit. Nous partageons cette expérience, plongeant dans les grandes profondeurs, où tout est sombre, immobile, effrayant mais également paisible. Ce voyage sensoriel est rendu possible grâce à des techniques de tournage sous-marines modernes issues des meilleurs plongeurs mondiaux. Nous découvrons les magnifiques lieux ayant marqué Mayol tout au long de sa vie – tels que les Bahamas, l’île d’Elbe en Italie, la côte de Tateyama au Japon, où les îles Égéennes en Grèce – mais aussi des films rares tournés en 16mm par des cinéastes pionniers de l’après-guerre, qui ont filmé l’histoire de Mayol, rendant son aventure vivante »

 

Dans le film, c’est l'acteur Jean-Marc Barr qui prête sa voix. Il explique comment il est arrivé sur le projet : « Le réalisateur, Lefteris Charitos, m’a d’abord interviewé, puis, quelques mois plus tard, m’a demandé d’enregistrer les voix anglaise et française du documentaire. Trente ans après ‘Le Grand Bleu’, je trouvais important de célébrer le véritable Jacques Mayol et sa philosophie, qui ont été éclipsés par cette fable. Luc Besson a joué la carte de la juvénilité, de l’innocence, du non-être. Mais le vrai Jacques Mayol était cent fois plus intéressant, avec bien plus d’aspérités que le personnage que j’ai interprété. J’ai été témoin de la souffrance et de la frustration que lui a causé la popularité du film. Quand un être humain se voit dépossédé de son histoire et de la magie qu’il a créée, c’est une petite tragédie... »

 

L’acteur a eu l’occasion de rencontrer Jacques Mayol pendant la préparation du tournage du « Grand bleu ». Il se souvient : « Nous avons partagé des moments superbes lors de nos entraînements ensemble. Je n’avais jamais fait d’apnée et j’ai ressenti à ses côtés l’émotion de plonger dans l’océan et en soi-même, et la relation essentielle qui unit l’homme à la mer. Hors de l’eau, Jacques était un bon vivant. Il aimait rire et draguer. Pour moi, il fait partie de ces héros aventuriers des années 1960-1970 qui, comme Cousteau, sont partis de rien, ont eu le cran d’explorer l’inconnu et de faire de leur vie une philosophie. Mais cette vie a un prix : en sacrifiant tout à sa passion, Jacques s’est retrouvé seul à la fin. Et en vieillissant, il ne pouvait plus assumer le personnage de lui-même qu’il s’était créé. Il a alors fait le choix du samouraï – ou du dauphin : il est parti seul au moment où il l’a décidé ».

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