Philippe recule, la crise s'enlise

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Philippe recule, la crise s'enlise

diffusé le mar. 04.12.18 à 17h50
magazines d'actu | 65min | tous publics

« Il faudrait être sourd » pour ne « pas entendre la colère ». Trois semaines après le début du mouvement des gilets jaunes, marqué ce week-end par des violences et des débordements à Paris ainsi que dans plusieurs villes de province, le Premier ministre a annoncé le gel des hausses des taxes sur les carburants pour apaiser le conflit avant l’ouverture d'une grande concertation locale sur la transition écologique qui se tiendra du 15 décembre au 1er mars.

 

Les trois mesures fiscales qui devaient entrer en vigueur le 1er janvier prochain - la hausse de la taxe carbone sur l'essence, le fioul et le diesel, la convergence de la fiscalité du diesel avec celle de l'essence et la hausse du gazole pour les professionnels - sont ainsi suspendues pour six mois. Le chef du gouvernement a également indiqué le report de six mois du renforcement des conditions pour le contrôle technique des automobiles afin de « trouver les justes adaptations ». Par ailleurs, les tarifs du gaz et de l'électricité « n'augmenteront pas durant la concertation, donc l'hiver qui s'annonce » et « nous constaterons une hausse de 3 % du Smic net au 1er janvier 2019 ».

 

« Aucune taxe ne mérite de mettre en danger l'unité de la nation », a affirmé Edouard Philippe, avant d’ajouter : « Ces décisions doivent ramener la sérénité dans le pays » afin de « permettre d'engager un vrai dialogue sur l'ensemble des préoccupations qui se sont exprimées ces dernières semaines ». Dans ce sens, l’exécutif souhaite la tenue, du 15 janvier au 1er mars, d’un « large débat sur les impôts et les dépenses publiques (…). Il s'agit d'un dialogue au niveau national, mais le débat doit avoir lieu au plus près des Français. Il faut définir une organisation pour que tous les Français puissent s’exprimer, démultiplier les façons de participer. Il devra déboucher sur des solutions concrètes. »

 

Enfin alors que se pose la question d'un « acte 4 » de la mobilisation des gilets jaunes ce samedi 8 décembre, le Premier ministre a rappelé l’obligation en France de déclarer toute manifestation et exprimé son soutien sans failles aux forces de l’ordre. « S’il y a une prochaine journée de mobilisation samedi, elle doit être déclarée et se dérouler dans le calme… Je voudrais dire aux policiers et gendarmes tout à la fois mon admiration pour leur dévouement et leur sang-froid, mais aussi notre détermination à leur apporter tout notre soutien nécessaire ».

 

Très attendu, ce premier geste de l'exécutif va-t-il être suffisant pour apaiser la colère ? Les mesures annoncées par le Premier ministre ont-elles convaincu les gilets jaunes ?
Y aura-t-il un « acte 4 » ce samedi 8 décembre ?

 

Invités :

 

Bruno Jeudy - Rédacteur en chef du service politique de Paris Match

 

Jean-Marc Daniel - Économiste et auteur de « Le gâchis français : histoire de quarante ans de mensonges économiques »

 

Claude Weill - Éditorialiste à Nice-Matin et Var-Matin

 

Françoise Fressoz - Journaliste et éditorialiste Le Monde 

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