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C dans l'air
Impôts : pourquoi la France gronde ?

diffusé le jeu. 29.11.18 à 17h50
magazines d'actu | 65min | tous publics

Lassés de voir leur portefeuille frappé par les réformes fiscales, les gilets jaunes ont décidé de s’en prendre à celui de l’État. Cette initiative inédite baptisée « Artisans et commerçants sans TVA » a été lancée à Saint-Brieuc, dans les Côtes-d'Armor. Tous les commerces sont incités à vendre leurs produits hors taxes à partir de samedi.

Une façon de sanctionner l’État et de le priver d’un impôt précieux, tout en redonnant du pouvoir d’achat aux clients. Pendant tout le mois de décembre, les artisans et les commerçants sont appelés à faire une déclaration de TVA à zéro, afin de pouvoir la déduire sur les tickets de caisse. Une pratique qui ne serait « pas illégale » ni frauduleuse, selon les initiateurs du mouvement.
Mais l’administration fiscale ne l’entend pas de cette oreille : une fausse déclaration peut entraîner une majoration des droits de 40 à 80%.

 

 

En matière d’impôts, la France a été élue championne d’Europe. Selon une étude menée par Eurostat, les recettes fiscales (impôts, taxes et cotisations) ont pesé 48,4% du PIB français. En moyenne, celui-ci s’élève à 41,4% dans l’ensemble de la zone euro. Si l’impôt sur le revenu et celui sur le patrimoine ont été pris en compte dans ce calcul, c’est le poids des cotisations sociales qui a fait pencher la balance. Assurance maladie, chômage, retraites… Le financement du modèle social français s’élève à 18,8% du PIB, contre 13,3% en moyenne dans l’Union européenne. Ce niveau de fiscalité vaut une première place à la France sur le podium, suivie de la Belgique et du Danemark.

 

 

Pour désamorcer la crise liée au ras-le-bol fiscal et renouer le dialogue, le gouvernement souhaite mettre en place une « grande concertation de terrain ». Hier, le député LREM Bruno Bonnell est parti à la rencontre de certains gilets jaunes dans le Rhône, qui occupent un rond-point depuis une dizaine de jours.
Face au député, les manifestants ont exprimé leur colère, les difficultés de la vie quotidienne et leur sentiment d’abandon. Des « revendications difficiles et légitimes » pour Bruno Bonnell qui a également souligné l’importance de faire fonctionner « l’ensemble de la machine ». Mais pour les gilets jaunes, convaincus que leurs revendications ne remonteront pas à l’Élysée, cette visite sur le terrain semble inutile.  

 

 

L’opération contre la collecte de la TVA peut-elle prendre de l’ampleur ? Les Français payent-ils trop d’impôts ? Le dialogue est-il possible entre les gilets jaunes et le gouvernement ?

 

 

 

Invités :

 

Yves Thréard - Directeur adjoint de la rédaction du Figaro

 

 

Dominique Seux - Directeur délégué de la rédaction des Echos

 

 

Pierre Madec - Economiste à l’OFCE

 

 

Emmanuelle Suffi - Journaliste au Journal Du Dimanche, spécialiste des questions économiques et sociales

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