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C dans l'air
Le 3ème mort de l'affaire Grégory

diffusé le mer. 12.07.17 à 17h50
magazines d'actu | 70min | tous publics

Mardi soir à Sargé-lès-le-Mans, le juge Lambert, retraité depuis 3 ans, a été retrouvé mort, un sac sur la tête. Le premier juge d’instruction de l’affaire Grégory se serait probablement suicidé, alors que l’enquête bat, à nouveau, son plein depuis le mois de juin. Hier BFMTV publiait les notes du juge Simon, magistrat qui avait remplacé M. Lambert en 1987 dans l’instruction de l’affaire Grégory. Dans ses écrits, il émet de fortes critiques envers son prédécesseur, écrivant en 1988 : "Je suis en présence de l’erreur judiciaire dans toute son horreur".

Jean-Michel Lambert n’a que 32 ans quand il est nommé juge d’instruction à Epinal pour son premier poste. En 1984, il est saisi de l’affaire Grégory, et se retrouve d’un coup sous les projecteurs. Dépassé par les événements, en 2014, il avouait dans Libération "Je n’ai pas accordé au départ toute l’attention que j’aurais dû à ce dossier. J’étais le seul juge d’instruction d’Epinal. J’ai fini l’année avec 229 dossiers. Grégory portait le numéro 180". Très critiqué pour son traitement du dossier, c’est lui qui est à l’origine de la mise en examen de Christine Villemin pour le meurtre de son fils, accusation dont elle sera plus tard innocentée. Sa mauvaise gestion des procédures conduit également à l’annulation de nombreuses pièces du dossier. Le couple Villemin finira par écrire au président de la République pour que le juge Lambert soit dessaisi. Il le sera, au profit du juge Simon.

Dès 1987, Jean-Michel Lambert écrit "Le petit juge", du surnom que lui donnaient les médias alors. Il y explique qu’il a difficilement vécu l’enquête, la pression étant très forte. De 1988 à 2003, il est juge d’instance à Bourg-en Bresse, puis vice-président du tribunal de grande instance du Mans jusqu’en 2014, année où il prend sa retraite. Auteur de romans policiers, il publiera son dernier livre en 2014 : "De combien d’injustices suis-je coupable ?" Encore hanté par l’affaire, il y assure qu’il croit en l’innocence de Bernard Laroche.

Le mauvais traitement juridique dans l’enquête du meurtre du petit Grégory ainsi que l’affaire d’Outreau ont conduit les gouvernements successifs à mettre en place la collégialité d’instruction, afin d’éviter le travail solitaire des magistrats sur des affaires pouvant devenir trop complexes. Cette nouveauté a été enterrée par le gouvernement Hollande en 2016, car elle demandait une réorganisation complète de la machine judiciaire.

Pourquoi la France se passionne-t-elle encore pour ce fait divers 32 ans après ? Quelles ont été les erreurs du jeune juge à l’époque ? Quels progrès a fait la Justice depuis l’affaire ?

 

Invités

- Christophe BARBIER, L’express

- Patricia TOURANCHEAU, auteure de « Le 36 » éditions du Seuil

- Michèle BERNARD-REQUIN, magistrate

- Alain HAMON, grand reporter, spécialiste police/justice

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