Macron

C dans l'air
Macron et l'emploi

diffusé le lun. 17.09.18 à 17h50
magazines d'actu | 64min | tous publics

C’est une phrase qui passe mal. Samedi, lors des Journées européennes du patrimoine, le chef de l'État a été interpellé dans les jardins de l'Élysée par un jeune diplômé du secteur horticole, actuellement au chômage, affirmant que les employeurs auprès de qui il déposait son CV ne le rappelaient pas.

 

Réponse du président : se réorienter vers un secteur en manque de bras, l’hôtellerie-restauration ou le bâtiment. « Si vous êtes prêt et motivé, dans l’hôtellerie, les cafés et la restauration, dans le bâtiment, il n’a pas un endroit où je vais où ils ne me disent pas qu’ils cherchent des gens. Pas un ! Hôtels, cafés, restaurants, je traverse la rue, je vous en trouve ! »

 

Un échange qui a immédiatement suscité de nombreux commentaires acerbes sur les réseaux sociaux et dans la classe politique. « Macron invite 6 millions de personnes à traverser la rue pour avoir du boulot. Pour lui, les chômeurs sont coupables de leur chômage. Où vit cet homme ? Qui a jamais insulté plus odieusement les Français en difficulté ? », a twitté Jean-Luc Mélenchon. « Cette manière de culpabiliser ceux qui cherchent un emploi est absolument insupportable », a renchéri Ian Brossat, adjoint à la mairie de Paris. Emmanuel Macron « n'est pas un président de la République mais un méprisant de la République », a-t-il ajouté. Un avis partagé par la députée LR Valérie Boyer, qui fustige le « mépris permanent » du chef de l'État.

 

Ce n'est pas la première fois qu’Emmanuel Macron répond sur ce thème à des chômeurs qui l'interpellent dans ses bains de foule, en insistant sur le manque de main d'œuvre dans certaines filières. Alors les propos du président, largement critiqués, sont-ils réalistes ?

 

Selon les chiffres de la Dares dévoilés en août, les emplois vacants faute de candidats adéquats étaient 152 000 au deuxième trimestre 2018. Une autre étude de Pôle emploi publiée en décembre dernier montrait aussi qu’en 2017 150 000 projets d’embauche avaient été abandonnés faute de candidats. Les secteurs les plus touchés seraient le commerce, l’hôtellerie-restauration, le transport, l’industrie, le bâtiment… Enfin d’après une autre enquête « Besoins en main-d’œuvre », publiée par Pôle emploi en avril 2018, 44 % des projets de recrutement des entreprises étaient présumés « difficiles » cette année. Notamment sur certains métiers : couvreur, chaudronnier, serrurier, forgeron, carrossier automobile, aide à domicile, plombier, dessinateur en travaux publics, boucher, masseur kiné, dentiste, personnel navigant de l’aviation…

 

Pour autant, suffit-il à un jeune de chômeur de « traverser la rue » pour trouver un emploi dans ces secteurs ? Pourquoi y-a-t-il autant d’emplois non pourvus en France alors que le taux de chômage touche 9,1 % de la population active ? Comment lutter efficacement contre le chômage ?

 

Invités :

 

- Yves Threard, directeur adjoint de la rédaction du Figaro

 

- Françoise Fressoz, éditorialiste politique au Monde

 

- Bernard Vivier, directeur de l’Institut Supérieur du Travail

 

- Brice Teinturier, directeur général délégué de l’institut de sondages Ipsos.

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