Le pitch générique

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Le Pitch - Cinéma
Émission du mercredi 12 septembre 2018

diffusé le mer. 12.09.18 à 0h33
émissions culturelles | 2min | tous publics

MA FILLE de Naidra Ayadi

Avec Roschdy Zem et Natacha Krief

 

 

 

Hakim et Latifa ont fui la guerre civile algérienne au début des années 90. Ils vivent depuis dans le Jura, avec leurs deux filles : Nedjma 14 ans, et Leïla, l’aînée, partie suivre ses études de coiffure à Paris.

 

 

Trois jours avant Noël, Nedjma reçoit un SMS laconique de sa grande sœur. Elle ne pourra pas venir les rejoindre pour les fêtes, prétextant une nouvelle fois une surcharge de travail… Latifa s’en prend à Hakim et le pousse à aller chercher Leïla. Nedjma viendra avec lui, ils en profiteront pour découvrir Paris.

 

 

À leur arrivée dans le salon de coiffure, ils apprennent que Leila n’y a en réalité jamais travaillé. C’est le voyage d’un père qui commence, dans Paris, une nuit, jusqu’à l’aube.

 

 

Pour « Ma fille », son premier film en tant que réalisatrice, la comédienne Naidra Ayadi adapte le roman de Bernard Clavel« Le Voyage du Père ». Une première adaptation a été faite par Denys de La Patellière en 1966 avec pour rôle du père Fernandel.

 

Thierry Ardisson, qui produit le film, voulait depuis longtemps l’adapter. Le célèbre animateur avait quitté à 20 ans sa province pour faire carrière à Paris et ne parlait que de réussite. Après une tentative de suicide, son père s'est rendu à Paris le retrouver dans une chambre sordide d’hôpital. Naidra Ayadi explique : « Thierry a gardé de cet instant un profond sentiment de honte. Il a d’abord tenté de développer un premier projet avec Daniel Auteuil dans le rôle du père. Le projet n’a pas abouti pour diverses raisons et il a alors imaginé transposer l’histoire dans une famille arabo-musulmane en en confiant le rôle principal et, pourquoi pas, la réalisation, à Roschdy Zem. Le contexte, pensait-il, rendait potentiellement plus forte la réaction du père vis-à-vis de la prostitution de son aînée. »

 

 

Roschdy Zem, qui était intéressé par le rôle et n’avait pas fermé la porte à la réalisation, ne voulait pas se lancer dans l’écriture du scénario de « Ma fille ».

 

 

De son côté, Naidra Ayadi venait de passer à la mise en scène au théâtre et était en train d’écrire un premier sujet pour le cinéma. La production s’est alors rapprochée d'elle. « Bien sûr que j’avais envie d’écrire pour Roschdy Zem ! J’ai lu le roman, regardé l’adaptation qu’en avait fait Denys de La Patellière en 1966 et eu tout de suite envie de m’approprier le sujet. Le scénario achevé, les producteurs (Romain Rousseau, Maxime Delaunay, Thierry Ardisson) et Roschdy lui-même ont pensé que j’en avais tiré un traitement si personnel que je devais le tourner. ‘C’est la vision d’une femme’, me disaient-ils. J’ai évidemment accepté. Raconter une histoire d’amour entre un père et ses filles m’était devenue nécessaire. C’est une histoire à la fois universelle et intime », se souvient la réalisatrice.

 

 

Naidra Ayadi a pris une liberté avec le livre en entraînant la cadette à Paris, à la suite du père, sur les traces de l’aînée introuvable. Dans le roman de Bernard Clavel, elle est encore petite et reste à attendre à la maison. La cinéaste précise : « J’en ai fait une adolescente à qui ce voyage permet d’entamer un dialogue avec l’homme qui l’a mise au monde ; tout comme il va permettre à ce dernier de rencontrer sa cadette et, de chercher à comprendre, grâce à elle, les raisons qui ont poussé son aînée à agir comme elle le fait. Je me reconnais beaucoup en Nedjma je crois. Je suis une optimiste, je crois au dialogue : il nous permet d’avancer quand le silence nous enferme. En racontant ce qu’il n’avait jamais dit sur son passé, Hakim transmet à Nedjma, la plus jeune, ce qu’il n’a pas su dire à Leïla, la plus âgée, lors de son départ. Et, le faisant, il n’est plus un père lambda, il devient véritablement le père des deux jeunes filles. »

 

 

La réalisatrice revient sur le casting et la direction d’acteurs : « Roschdy est quelqu’un qu’il faut gagner, il ne donne pas facilement sa confiance et je ne voulais surtout pas le décevoir. J’ai fait des lectures avec lui comme avec chacun des comédiens, puis je l’ai fait travailler avec Nedjma et la mère pour qu’ils se connaissent. Par contre, j’ai fait en sorte qu’aucun des autres comédiens importants qu’il croise dans son périple ne le rencontre avant d’être confronté à lui sur le plateau. Et, lorsqu’il tournait, lui-même ne savait pas lequel d’entre eux allait s’adresser à lui. Je crois qu’il a été content de mon travail, du moins je l’espère. J’ai l’impression que nous avons trouvé notre manière de fonctionner ensemble. Quand j’ai commencé ce métier, Roschdy était mon modèle. J’aimais ses choix, ses refus, ses audaces. C’est quelqu’un qui donne du sens à ses actes. C’est ce que je tente de faire. »

 

 

Le comédien explique ce qui l’a séduit dans le projet : « Je l’ai découvert lorsqu’on m’a parlé du projet. Réadapter ce livre écrit dans les années soixante à travers le regard d’une jeune femme issue de l’immigration était une idée formidable. J’ai rencontré Naidra Ayadi, que je connaissais comme actrice, et l’ai sentie habitée par le sujet. Clairement, l’histoire de cette fille qui cherche à s’émanciper de sa culture et du foyer paternel lui parlait. »

 

 

Face à Roschdy ZemNaidra Ayadi voulait une comédienne solaire que le public ne connaisse pas encore. Elle a alors choisi Natacha Krief, qui vient du théâtre et qui s’est imposée au terme d’un long casting. « J’ai tout de suite aimé sa fraîcheur et sa candeur, son intelligence et son empathie, même si, au départ, elle n’était pas tout à fait le personnage. Autant Nedjma est dynamique, autant Natacha est évanescente. Elle a dû faire un vrai travail – de diction notamment. Je tenais par exemple absolument à ce qu’elle s’appuie sur les consonnes plutôt que sur les voyelles parce que cela donne un autre port, je voulais qu’elle ait ses deux pieds bien au sol, qu’elle soit ancrée, qu’on la situe physiquement. Je trouvais cela plus intéressant que de travailler la psychologie du personnage. Natacha est une bosseuse, elle a fait une vraie composition ».

 

 

Roschdy Zem ne tarit pas d’éloges à son égard : « Premier film, premier grand rôle… Elle jouait sa vie et c’était touchant à voir. Elle a tout donné ; je voyais le respect dans ses yeux - pour le travail, le plateau, pour moi aussi. C’est quelqu’un de talent qui a la bonne attitude. »

 

 

SEARCHING - PORTÉE DISPARUE de Aneesh Chaganty

 

 

Avec John Cho, Debra Messing et Michelle La

 

 

 

 

Alors que Margot, 16 ans, a disparu, l’enquête ouverte ne donne rien et malgré les heures décisives qui s’écoulent, l’inspectrice chargée de l’affaire n’a pas le moindre indice. Le père, David, décide alors de mener ses propres recherches, en commençant par là où personne n’a encore regardé : l’ordinateur de sa fille.

 

 

« Searching - Portée disparue » a fait sensation au Festival de Sundance 2018 où il a été présenté. Son inventivité a été saluée par deux prix, celui du public et le prix Alfred P. Sloan Feature Film qui récompense les oeuvres mettant l'accent sur la science ou la technologie.

 

 

Le film a la particularité de se dérouler via l'interface d'un ordinateur et d'autres écrans. Cette approche cinématographique a séduit le producteur Timur Bekmambetov qui cherchait à exploiter ce concept de « vie virtuelle » à travers différents longs-métrages. 

 

 


L'idée lui est venue en 2012 au cours d’une conversation sur Skype avec son partenaire de production. Une fois leur échange terminé, son collègue a oublié de désactiver la fonction de partage d’écran. Timur Bekmambetov a ainsi pu voir les recherches qu’il faisait sur Internet, quels messages il envoyait sur Facebook, ce qu’il commandait sur Amazon, etc.

 

 

Cette expérience lui a donné un aperçu en temps réel de la vie intime de son ami, de ses motivations et de ses préoccupations : « Ces appareils contiennent nos vies entières, ils sont témoins de nos peurs, de nos amours, de nos amitiés, de nos trahisons, de nos meilleurs souvenirs et des moments dont nous sommes le moins fiers. Il m’a semblé impossible de mettre en scène le monde actuel et ceux qui le peuplent sans avoir recours aux écrans, car tous les évènements les plus marquants de nos vies passent par nos téléphones et nos ordinateurs ».

 

 

Pour préparer le tournage, Aneesh Chaganty a emprunté une technique qu’il avait utilisée chez Google baptisée « prototypage », et qui n’est pas sans rappeler la prévisualisation employée par l’industrie du cinéma. Le scénariste Sev Ohanian explique : « Le prototypage consiste à créer une version initiale d’un projet à partir d’images temporaires et de documentation rassemblée par nos propres moyens. Aneesh connaissait bien cette méthode et l’a appliquée à « Searching - Portée disparue  » en créant très tôt une version entière du film qui s’est révélée très utile car elle nous a permis de voir ce qu’il donnerait avant même de le tourner, mais également de résoudre de nombreux problèmes avant d’y être confrontés. En substance, nous avons commencé à monter le film sept semaines avant le début du tournage principal ! ».

 

 

Le montage final du film a en tout nécessité un an de travail.

 

 

Debra Messing a été d'emblée séduite par la lecture du scénario qui ne ressemblait à rien de ce qu'elle avait pu faire par le passé. Cette expérience inédite s'est poursuivie sur le tournage du film qui était loin d'être conventionnel. Ainsi, lors de son premier jour sur le plateau, l'actrice avait une scène avec John Cho mais n'était jamais physiquement avec lui. Chacun était dans une pièce différente face à un ordinateur portable surmonté d'une GoPro.

 

 

La scène a été filmée en temps réel, exactement comme dans la vraie vie. La comédienne témoigne : « Dans un film classique, une scène comme celle-ci aurait été filmée en plusieurs prises depuis différents angles, d’abord d’un point de vue puis de l’autre, en déplaçant le matériel de prises de vues et d’éclairage, alors que là, tout ce qui se passait à l’écran ou autour était enregistré simultanément, ce qui était très intéressant ». 

 

 

L’actrice confie que c’était parfois un peu comme se retrouver seule devant un écran vert… à la différence qu’il s’agissait d’un écran d’ordinateur et que la caméra était une simple GoPro. Elle se souvient : « Par moments, Aneesh me demandait de fixer directement la caméra plutôt que de regarder John sur l’écran, ce qui va totalement à l’encontre de ce qu’on nous apprend quand on devient acteur. C’est pourtant ce que l’on fait au quotidien lorsqu’on communique via nos appareils électroniques et les réseaux sociaux… À cet égard, le film est donc très réaliste. Il a fallu que je joue la comédie en regardant directement la caméra alors que le visage de John apparaissait sur l’écran juste en dessous, en périphérie de mon champ de vision. Je peux vous dire que ça a été une vraie nouvelle expérience ! »

 

 

John Cho revient aussi sur le tournage du film qui ne fut pas de tout repos : « Ça n’a pas été facile, loin s’en faut, car l’objectif de la caméra était sans arrêt sur moi, ce qui interdit toute fausse note. Le film est donc très fidèle à la réalité. Chaque scène est tournée depuis un angle unique et l’histoire est entièrement racontée du point de vue de David ; il n’y avait par conséquent aucune échappatoire, je devais être concentré et présent à chaque instant car il n’y avait rien ni personne pour rattraper mes erreurs. Ça a été une expérience très exigeante et intense sur le plan émotionnel. »

 

 

Le comédien a joué un rôle d'autant plus important dans le film qu'il devait parfois tenir la caméra et donc servir de cadreur tout en s'observant jouer la comédie.

 

 

Michelle La, qui incarne Margot, la fille disparue de David Kim, a également été séduite par le style visuel atypique du film. « Je fais partie de ce qu’on appelle les ‘Millennials’, j’ai donc été exposée dès le plus jeune âge à différentes technologies. J’ai grandi avec cette forme de communication, ce qui m’a permis d’être beaucoup plus naturelle, à l’aise et présente face à ces appareils, qu’ils soient posés devant moi ou que je les tienne à la main. »

 

 

 

BONUS

 

 

THUNDER ROAD de Jim Cummings

 

Avec Jim Cummings, Kendal Farr et Nican Robinson

 

 

 

 

L'histoire de Jimmy Arnaud, un policier texan qui essaie tant bien que mal d'élever sa fille. Le portrait tragi-comique d'une figure d'une Amérique vacillante. 

 

 

Grand Prix au Festival du cinéma américain de Deauville 2018

 

 

« Thunder Road » trouve son origine dans un court-métrage éponyme produit en 2016 et vainqueur du Grand Prix du Jury au Festival de Sundance cette année-là. Il mettait en scène le monologue d’un flic qui parle à l’enterrement de sa mère et qui se laisse déborder par ses émotions. Le long-métrage s'ouvre sur cette même séquence. Jim Cummings, déjà scénariste, réalisateur et interprète du court-métrage, a décidé de développer celui-ci en long : « à mesure que je répétais mon texte pour le court-métrage, j’ai pris conscience que ça pourrait marcher sur un long. Il y avait un film là-dedans… Le personnage en tant que tel et l’histoire proprement dite ne sont venus que dans un second temps ».

 

 

Le film tire son titre d'une chanson de Bruce Springsteen. Pour Jim Cummings, la musique de Springsteen parle des « travailleurs dans des petites villes qui ne s’en sortent pas… Ils n’ont pas un rond, ils conduisent leurs bagnoles, vont chercher leurs copines ; ils galèrent, sans trop savoir quoi faire de leur vie ». C'est en fondant en larmes en l'entendant un jour à la radio que le réalisateur a l'idée de l'utiliser dans son film : « Pourtant, je connaissais cette chanson par coeur, y compris les paroles. Je l’avais entendue mille fois, mais je ne l’avais encore jamais captée en tant qu’adulte… Ce jour-là, je l’ai prise de plein fouet, sans m’y attendre ». Finalement, le morceau n’a pas été utilisé dans le film.

 

Le film repose entièrement sur les épaules de son interprète principal, Jim Cummings, également réalisateur et scénariste. Après avoir travaillé à ses débuts à la production de divers projets qui ne le convainquaient pas toujours, Cummings a décidé de se laisser aller à ses émotions : « je me suis retrouvé plusieurs fois en situation de travailler sur ‘une comédie’ mais qui ne me faisait pas vraiment marrer. Ou sur ‘un drame’, mais qui ne me faisait pas réellement chialer. Alors pour ‘Thunder Road’, je suis parti de mes propres émotions, de mon propre métabolisme. En l’écrivant, je riais, je pleurais, j’étais dans tous mes états ». 

 

 

Alors qu'il n'avait aucune expérience en tant qu'acteur avant son court-métrage, il s'est lancé dans la comédie en étant conscient d'être « Pas 'bon, ni génial, mais honnête ». De plus, il s'est vite rendu compte qu'il aurait du mal à tirer une telle performance d’un autre acteur : « J’avais pensé à un autre type, qui ressemblait beaucoup plus à un flic que moi, un grand gars baraqué, mais il est vite apparu évident qu’il n’arrivait pas à faire certains des trucs que j’avais écrits [...]. J’ai réalisé qu’il lui faudrait deux mois de répétition pour y arriver. Je me suis filmé sur mon téléphone, pour lui donner une direction. L’intégralité du monologue. Quand les membres de l’équipe ont vu ça, ils m’ont tous dit ‘tu dois le faire. Point barre’ ».

 

 

« Thunder Road » comporte de nombreux plans-séquences qui permettent, selon Jim Cummings, de créer une grande proximité entre les personnages et le spectateur et de plonger totalement ce dernier dans le récit : « Le spectateur doit interpréter tout ce qui est à l’écran en temps réel, gérer l’ensemble des informations par lui-même. On ne lui dit pas quoi ressentir, on n’oriente pas son regard ou son émotion par le jeu du montage, il n’a pas le sentiment qu’on le manipule pour croire ceci ou ressentir cela. Bref, il fait partie intégrante de l’expérience du film ». 

 

 

LE PAPE FRANÇOIS : UN HOMME DE PAROLE de Wim Wenders

 

 

 

 

 

Le 13 mars 2013, le Cardinal de Buenos Aires, Jorge Mario Bergoglio, devient le deux cent soixante sixième Souverain Pontife de l’Église Catholique. C’est le premier Pape originaire d’Amérique du Sud, le premier jésuite nommé Évêque à Rome, mais avant tout le premier chef de l’Église à avoir choisi le prénom de François d’Assise (1181-1226), un des saints catholiques les plus révérés, qui avait dédié sa vie à soulager les pauvres et éprouvait un profond amour pour la nature et toutes les créatures de la Terre qu’il considérait comme la mère suprême.

 

 

Le film, plus qu’une biographie ou un documentaire, est un voyage initiatique dans l’univers du Pape François. Fait assez exceptionnel, le film est co-réalisé par le Vatican et s’articule autour des idées et du message du Pape, afin de présenter son travail, aussi bien que les réformes et les réponses qu’il propose face à des questions aussi universelles que la mort, la justice sociale, l’immigration, l’écologie, l’inégalité de revenus, le matérialisme ou le rôle de la famille.

 

 

L’adresse directe à la caméra et la trame narrative entrainent le spectateur dans un face à face avec le Pape, véritable dialogue entre le Très Saint Père et le monde. À travers les questions de gens de tous horizons, le Souverain Pontife répond aux fermiers, aux ouvriers, aux réfugiés, aux enfants, aux personnes âgées, aux détenus, aux résidents des bidonvilles ou des camps de migrants. Tous ces visages et ces voix sont un échantillon de l’humanité en pleine discussion avec le Souverain Épiscopal. Cette symphonie de questions est le coeur du film.

 

 

Mais la caméra suit également le pape dans ses nombreux voyages aux quatre coins du globe, à travers des scènes où on voit Sa Sainteté s’adresser aux Nations Unies, au Congrès américain, se recueillir avec la foule sur le mémorial du World Trade Center, Ground Zero, ou encore à Yad Vashem, le monument commémoratif mondial de l’Holocauste à Jérusalem. On le voit également discuter avec des détenus en univers carcéral et des réfugiés dans des camps méditerranéens. On le suit à travers le monde, de la Terre Sainte, en Israël et en Palestine, à l’Asie, en passant par l’Afrique et l’Amérique du Sud.

 

 

Le réalisateur Wim Wenders a eu le soutien du Vatican pour la conceptualisation du film : « Le Vatican a insisté sur une transparence totale et m’a littéralement laissé carte blanche, un accès aussi précieux qu’illimité à ses archives, en plus de la décision finale au montage. Ils nous ont laissés tourner sans jamais intervenir. Nous avons filmé quatre longues interviews avec le Pape François, sur quatre après-midis disséminées sur deux ans. Trois d’entre elles ont été filmées en intérieur dans différentes salles du palais, et une en extérieur dans les jardins, mais toujours dans l’enceinte du Vatican. On ne peut tout simplement pas installer le Pape dans n’importe quel parc, comme ça, pour le filmer. Nous avons filmé à plusieurs caméras, dont la principale était face à un ‘Interrotron’, une sorte de téléprompteur inversé, qui permettait au Pape de me voir à l’écran et de me regarder droit dans les yeux pendant qu’il me parlait. Cela lui permettait de s’adresser directement à la caméra et de regarder dans les yeux les futurs spectateurs. Au cours de ces quatre longues conversations, le Pape a été d’une spontanéité exceptionnelle, et a fait preuve d’autant d’ouverture que de simplicité. »

 

 

Alessandro Lo Monaco, un des producteurs du film raconte : « à la fin de la seconde interview, le Pape nous a parlé de l’importance de ce que nous étions en train de faire, en nous expliquant que ses réponses à nos questions seraient comme des graines que nous allions essaimer à travers le monde. Si elles se diffusaient correctement elles finiraient par germer. Puis sur le ton de la plaisanterie il a cassé la solennité de ses paroles en nous affirmant d’un clin d’oeil que dans le cas contraire il prierait pour que nos caméras cessent de fonctionner. Sa Sainteté a beaucoup d’humour et il se permet volontiers d’alléger l’atmosphère. Nous avons tous beaucoup ri ».

 

 

Le film aborde les problématiques les plus lourdes et les plus pressantes de notre époque, mais interroge également sur la manière de vivre décemment sur une planète partagée par 8 milliards d’individus dont beaucoup ne connaissent que la pauvreté et le chaos. Dans un appel à l’intégration de tous - que ce soient les femmes, les homosexuels, les prisonniers ou les victimes d’agression sexuelle - ce film distille un message d’espoir qui parlera à tous.

 

 

Pour Wim Wenders et le producteur David Rosier la caractéristique principale de l’exercice du Pape François réside dans sa compassion envers tout un chacun, quelle que soit sa caste, ses principes ou sa situation sociale. « C’est un homme ouvert à l’humanité tout entière, à l’écoute de ses problèmes ».

 

 

Selon Wim Wenders c’est parce que son message va au-delà des religions et n’a que l’intégration à offrir comme rempart à un monde qui se fragmente, que ce film pourra toucher le plus grand nombre et ce bien au-delà de la Chrétienté. « Je pense qu’il est primordial d’envisager l’humanité dans son entier, sans faire de distinction, et selon moi il est d’autant plus important que les gens qui n’appartiennent pas à la chrétienté puissent le voir, pour en finir avec les malentendus et les préjugés. Le Pape ouvre ses bras à tout le monde sans faire preuve de prosélytisme ou donner de leçon et c’est, à mon avis, ce qui saura toucher chacun des spectateurs, même ceux qui ne croient pas. Ce film ne va pas changer le monde, les films le font rarement. Mais je pense que ce Pape, lui, est en train de changer le monde. Aux quatre coins de planète il y a des hommes de bonne volonté, qu’ils soient athées, musulmans, bouddhistes ou quoique ce soit d’autre et tous peuvent trouver des résonances intimes dans ce film. »

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