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Le Pitch - Cinéma
Emission du mardi 17 avril 2018

diffusé le mar. 17.04.18 à 23h21
émissions culturelles | 4min | tous publics

LARGUÉES de Eloïse Lang

 

Avec Miou-Miou, Camille Cottin et Camille Chamoux

 

 

Rose et Alice sont deux sœurs très différentes. Rose est libre et rock n’roll. Alice est rangée et responsable. Elles ne sont d’accord sur rien, à part sur l’urgence de remonter le moral de Françoise, leur mère, fraîchement larguée par leur père pour une femme beaucoup plus jeune. La mission qu’elles se sont donnée est simple : « sauver maman » et le cadre des opérations bien défini : un club de vacances sur l’Ile de la Réunion…

 

Prix du Public et Prix d’interprétation pour Camille Cottin au Festival international du film de comédie de l’Alpe d’Huez

 

« Larguées » est une adaptation du film suédois « All Inclusive » d'Hella Joof.

 

Pour son premier long métrage en solo, Eloïse Lang a donc choisi de s'attaquer à un remake. C'est vraiment l'idée de mettre en scène un trio mère/filles qui a stimulé la cinéaste. « J’ai deux soeurs, on est très différentes et toutes les trois extrêmement proches de notre mère. Quand je me suis formée au scénario, un des adages était ‘write what you know’. La difficulté de vieillir quand on est une femme (et ce à n’importe quel âge), de trouver sa place dans une fratrie, d’assumer ses choix de vie, tout ça c’est du vécu ! », confie-t-elle.

 

Concernant le casting, la réalisatrice a choisi de confier les rôles des deux sœurs à Camille Cottin et Camille Chamoux : « Je ne voyais qu’elles pour incarner les deux sœurs du film. Comme on est copines dans la vie, parfois je me retrouvais avec elles en soirée et en les observant j’avais des bouffées de joie à l’idée de créer ce duo de cinéma. Il y avait une sorte d’évidence, on dirait des soeurs, dans le physique, et aussi dans l’énergie, la bonne humeur, et le pragmatisme. »

 

Et elle ne tarit pas d’éloges sur les deux comédiennes : « Camille Cottin, c’est une comédienne qui peut tout, absolument tout faire passer, même le plus extravagant. Son naturel est époustouflant. On ne voit jamais sa technique. Sa liberté de jeu est incroyable. Son intelligence, sa sensibilité et son instinct sont stupéfiants. Elle est en plus très généreuse avec ses partenaires. Elle ne joue jamais solo. Elle n’arrive jamais ‘les mains vides’ sur le plateau. Elle a toujours des propositions très fortes et très justes. C‘est une bosseuse enragée. Camille Chamoux aussi est une travailleuse acharnée (…) J’aime son univers, ce qu’elle dégage d’intelligence, de finesse et de perspicacité. Et puis, comme l’autre Camille, elle a un sens inné du bon tempo. Pour elle qui est si libre dans la vie, jouer une fille rigide et coincée, était un vrai challenge. Elle a un talent et une énergie de dingue. »

 

Pour le rôle de la mère, la cinéaste a choisi Miou-Miou : « J’ai fait une danse de la joie quand elle m’a dit oui, danse qui a continué quand toutes ces intuitions ont été confirmées. Elle est capable d’exprimer la tristesse et la mélancolie, par un simple regard, sans avoir besoin d’afficher une ‘tête de chien qui chie’. C’est d’ailleurs parce qu’elle joue sans en rajouter que, lorsqu’elle doit être drôle, elle l’est, avec une subtilité irrésistible. Elle me fait beaucoup rire, elle a beaucoup d’esprit… Et quelle intelligence et quelle disponibilité, elle aussi ! Elle n’a pas froid aux yeux. À condition que ce soit justifié, elle peut faire des trucs fous (cf. la scène de la douche) ! Comme les deux Camille, elle se prépare beaucoup en amont du tournage, seule, sans coach, parce qu’elle adore trouver elle-même les choses. Ce travail préparatoire lui permet d’arriver prête sur le plateau. Ce qui tombe bien parce qu’elle n‘aime pas trop qu’on multiplie les prises. Cela dit, si, techniquement, on en a besoin, elle s’y soumet volontiers. C’est un petit bonbon, attentive aux autres, adorable avec ses partenaires. »

 

Miou-Miou explique les raisons pour lesquelles elle a accepté le rôle : « À la lecture du scénario et quand j’ai rencontré Eloïse Lang, ce que j’ai aimé c’est son regard singulier sur les choses. Qui souvent est différent du mien d’ailleurs ! Elle considère le club de vacances comme un endroit dont la mission est de rendre les gens heureux, là où d’autres voient l’usine à vacanciers avec musique à fond et cocktails frelatés… D’où cet univers très tendre, jamais caricatural ou méprisant qui m’a beaucoup plu. »

 

Eloïse Lang a choisi de confier le rôle du chevalier servant à Johan Heldenbergh, l’acteur d’ « Alabama Monroe ». La cinéaste souhaitait que cet homme, barman de métier dans le film, ait un accent étranger pour que l'on ne puisse pas le décoder d’emblée, pour brouiller un peu les pistes. « Il est musicien, c’est un acteur exceptionnel et quelqu’un d’une sensibilité et d’une intensité rare. Mais outre ses nombreuses qualités et son physique de baroudeur, c’est vraiment le fait qu’il croit à mon histoire qui m’a donné envie de lui proposer le rôle. Dans la vie, il était aussi séduit par Miou-Miou que par Camille », se rappelle Lang.

 

Le film a été tourné à la Réunion. La réalisatrice explique ce choix : « Le but des filles étant de remonter le moral de leur mère. J’ai écarté des endroits comme la côte belge même si c’est très sympa. J’ai commencé par penser aux Antilles, que je connais bien, mais mes producteurs m’ont parlé de la Réunion, de sa beauté volcanique, de sa luxuriance, de son piton de la Fournaise. Ils m’ont proposé d’aller voir et je n’ai pas pu refuser. Une fois là-bas j’étais coincée, des images ont commencé à se poser sur le scénario. C’est une étape très excitante quand la réalité commence à matcher avec l’imaginaire. La Réunion est un paradis atypique. C’est une île très cinématographique, très accueillante, très idyllique aussi, mais pas que… Elle a aussi quelque chose d’hostile et de mystérieux. Son volcan est toujours actif et elle est cernée par les requins. J’ai aimé que son tourisme ne soit pas un tourisme de masse, les endroits sont vraiment authentiques, ils ne font pas semblant ! »

 

 

ESCOBAR de Fernando León de Aranoa

 

Avec Javier Bardem et Penélope Cruz

 

 

Ce film est interdit en salles aux moins de 12 ans


Impitoyable et cruel chef du cartel de Medellín, Pablo Escobar est le criminel le plus riche de l’Histoire avec une fortune de plus de 30 milliards de dollars. « L’empereur de la cocaïne » met la Colombie à feu à sang dans les années 80 en introduisant un niveau de violence sans précédent dans le commerce de la drogue. Fascinée par son charisme et son pouvoir, la très célèbre journaliste Virginia Vallejo, va s’apercevoir qu’on ne s’approche pas de l’homme le plus dangereux du monde impunément… 

 

Si le nom de Pablo Escobar est aujourd’hui tristement célèbre, c’est parce qu’il a marqué l’Histoire criminelle du XXème siècle. Devenu le mafieux le plus riche de l’Histoire, Escobar est à la tête d'une fortune estimée à environ 30 milliards de dollars au début des années 1990 – soit l'équivalent de 55 milliards de dollars actuels : « l'empereur de la cocaïne » a été l’un des hommes les plus riches au monde. Le charisme et la popularité d’Escobar l’ont même brièvement propulsé vers une carrière en politique dans sa Colombie natale. Au sommet de son règne, son cartel fournissait 80% de la drogue exportée vers les États-Unis, pour un chiffre d’affaires annuel de 21,9 milliards de dollars. Au cours des deux décennies du règne du baron de la drogue, la Colombie a plongé dans le chaos, et Escobar est devenu l’un des criminels les plus recherchés au monde. Ce fils d'agriculteur est également devenu la 7ème personnalité la plus riche de la planète. Impitoyable dans la gestion de ses affaires, il a causé la mort de 3000 personnes. Il était évident que ce personnage au destin, hors du commun, ne pouvait qu'inspirer cinéastes, documentaristes et journalistes, notamment après sa mort en décembre 1993.

 

Adapté du best-seller de Virginia Vallejo, « Loving Pablo, Hating Escobar », « Escobar » signe les retrouvailles au cinéma de Javier Bardem, dans le rôle-titre, et de Penélope Cruz sous les traits de Virginia Vallejo. Cette dernière est une ancienne maîtresse du baron de la drogue qui a été la cible de plusieurs menaces de mort, à la suite de ses révélations sur la corruption du gouvernement colombien.

 

Il a fallu plusieurs années à Bardem, qui est également l’un des producteurs du film, pour monter ce projet : « Je m’intéresse à Pablo Escobar depuis 1998. Ces vingt dernières années, on m’a proposé plusieurs fois de l’incarner au cinéma, mais j’ai toujours refusé parce que j’avais l’impression que ces projets n’allaient pas au-delà du stéréotype ».

 

Le film pose un regard neuf sur l’histoire de Escobar : « Au début du film, Pablo Escobar est déjà un homme d’affaires accompli, mais personne ne sait encore vraiment d’où lui vient tout cet argent. Il rencontre Virginia, et à travers leur relation et la tribune dont dispose Virginia, il devient très vite une personnalité publique incontournable, qui sait s’adresser au peuple. Les Colombiens ont des revendications, et il arrive à capter leur soutien. Il veut contrôler le pays, changer les choses et améliorer le sort des gens… mais il ne fait jamais rien gratuitement. Il y a toujours une motivation égoïste qui guide ses choix, et quand les gens s’en aperçoivent, il est déjà trop tard. C’est à cette période que le film commence : il raconte l’histoire des gens qui l’entourent et qui prennent conscience peu à peu du genre d’homme qu'il est » explique Bardem.

 

« J’ai lu énormément sur le sujet, beaucoup d’articles de presse de l’époque et d’archives déclassifiées. Virginia était très proche d’Escobar, et elle avait un accès privilégié à ses réflexions, sa façon de fonctionner, de penser, de se comporter. Je pense que pour Pablo, Virginia était une confidente, une personne très proche à laquelle il pouvait faire confiance, et à qui il confiait ses idées et ses projets les plus intimes, et c’est ce qui fait de Virginia quelqu’un d’unique qui donne à notre histoire une perspective originale » affirme León de Aranoa.

 

L’union entre le baron de la drogue le plus influent de l’Histoire et une journaliste politique très en vue, qui finit par devenir une lanceuse d’alerte sur la corruption de la classe politique, était loin d’être une évidence « Je pense que ce film va parler aux spectateurs sur un plan personnel. Nous sommes tous humains, mais nous avons tous en nous la possibilité de devenir des monstres comme Escobar. Comme le film explore les relations que Pablo Escobar a nouées au cours de sa vie, cela le rend plus humain aux yeux des spectateurs. Il y a des scènes d’action géniales, bien sûr, mais l'essentiel du film parle de relations humaines, et des sentiments qui les accompagnent : l’amour et la haine, la jalousie et l’ambition, la douleur et la joie » explique Bardem.

 

Le film marque le retour à l’écran du tandem espagnol Bardem/Cruz depuis 2008 avec « Vicky Cristina Barcelona » de Woody Allen. Ils se sont également donné la réplique dans « Cartel » de Ridley Scott, et ont tous les deux été révélés très jeunes dans « Jambon, Jambon » de Bigas Luna. Bardem confie « quand j’ai lu le livre de Virginia, j’ai immédiatement imaginé Penélope dans le rôle, parce que je sais qu’elle est capable de mettre en avant cette énergie bien particulière, et de la faire ressortir à l’écran. C’est merveilleux de travailler avec elle. C’est une actrice épatante, et on se stimule mutuellement pour aller toujours plus loin et être le plus juste possible. Il nous suffit d’un bref regard, d’un petit mot par-ci ou par-là. On sait comment jouer l’un avec l’autre et on n’hésite pas à tenter de nouvelles pistes. Cette confiance entre nous, c’est quelque chose de très précieux ».

 

Le réalisateur et scénariste León de Aranoa était ravi à l’idée de travailler avec Penélope Cruz : « Je dois dire que je ne suis pas vraiment surpris, car j’ai toujours trouvé que c’était une actrice fantastique. En réalité, ça fait des années que je veux travailler avec elle… Et mon voeu se réalise enfin avec ce film ! Elle est vraiment parfaite pour le rôle, et je n’aurais imaginé personne d’autre qu’elle. J’ai beaucoup aimé sa façon de travailler. C’était assez spectaculaire de voir les améliorations d’une prise à l’autre, et Penélope a trouvé le moyen de doter Virginia d’un mélange assez extraordinaire, entre force de caractère et fragilité. »

 

Bien qu’il ne soit pas le premier acteur à subir une énorme préparation pour un rôle, surtout pour un personnage dont les spectateurs ont déjà une idée, Bardem a pris ses responsabilités très au sérieux. Comme il l’explique lui-même, « pour me préparer à incarner Pablo Escobar, il fallait que je fasse passer deux choses : la première, c’était l’aspect physique, et la seconde, c’était la voix, le rythme, la nature profonde… tous ces aspects de sa personnalité devaient ressortir. Très en amont, j’ai étudié le rythme d’Escobar : sa façon de marcher, de parler, son regard, son timbre de voix (…) L’animal préféré de Pablo Escobar, c’est l’hippopotame, qui est l’animal le plus violent de tout le continent africain. Et ça, ça m’a particulièrement intéressé. Pensez au rythme d’un hippopotame : quand on le voit marcher, on le trouve assez lent. Il n’a vraiment pas l’air d’un animal féroce… mais en réalité, c’est un tueur. Et je pense que c’est pour ça que c’était l’animal préféré de Pablo. C’est parce qu’il était comme ça, lui aussi. Extérieurement, il n’avait pas l’air de quelqu’un de menaçant. Il marchait assez lentement, et tout d’un coup, il était capable de se transformer en véritable monstre. C’est vraiment cette énergie physique qu’il dégage. J’avais envie de m'approprier l'identité de Pablo et de me plonger dans son intimité, et de comprendre ce qui motivait son comportement ».

 

Le film a été entièrement tourné en décors naturels en Colombie. Le réalisateur et scénariste Fernando León de Aranao décrit cette expérience : « il nous a paru évident qu’il fallait filmer cette histoire en Colombie. La plupart des lieux que nous avons repérés pour le tournage étaient franchement extraordinaires : par exemple, notre chef décorateur avait très peu de temps pour préparer les grandes scènes-clés du film, et je suis donc très heureux qu’on nous ait permis de filmer dans certains endroits où se sont déroulés les faits. C’était également une opportunité unique pour les acteurs de se rendre sur ces lieux où les événements dépeints dans le film se sont produits. À plusieurs reprises, nous y sommes allés pour pouvoir les reconstituer ensuite ailleurs dans le pays. Les conseils, la connaissance de la culture locale et l’expertise de notre équipe colombienne ont vraiment été un atout majeur pour le film ».

 

 

BONUS

 

 

JERSEY AFFAIR de Michael Pearce

 

Avec Jessie Buckley et Johnny Flynn

 

 

Ce film est interdit en salles aux moins de 12 ans

 

Sur l'île de Jersey, une jeune femme tombe amoureuse d'un homme mystérieux. Cette rencontre la pousse à fuir sa famille tyrannique. Alors que l'homme est soupçonné de plusieurs meurtres, elle le défend aveuglément.

 

Michael Pearce envisageait ce projet depuis plusieurs années et a commencé à lui donner forme à l’époque où il était étudiant à la National Film and Television School« J'ai grandi à Jersey et je savais que je souhaitais y tourner mon premier film. Les paysages, spectaculaires et sauvages, y sont incomparables. Les valeurs et les traditions culturelles y sont encore assez conservatrices. Quand j'étais enfant, c'était à la fois libérateur et un peu étouffant ». En 2011, Kristian Brodie, alors directeur du développement chez Agile Films, a pris une option sur le scénario de Jersey Affair et a développé le scénario avec Pearce pendant deux ans.

 

Michael Pearce a été frappé par l’histoire de la « Bête de Jersey », redoutable violeur d’enfants qui a sévi sur l’île pendant dix ans dans les années 1960 : il s’est alors intéressé aux intrigues révélant l’horreur qui se dissimule sous l'illusion rassurante d’une petite communauté en apparence irréprochable. Marqué par ce contraste entre ombre et lumière, entre le Bien et le Mal, l’auteur s’est passionné pour les histoires vraies de personnages fascinés par des figures monstrueuses.

Peu à peu, Michael Pearce a souhaité raconter une histoire en adoptant le point de vue d’une femme qui pourrait bien être intimement liée à un monstre. Il ajoute : « Pour moi, il était fondamental que le spectateur soit aussi troublé par le mystère entourant Pascal que par l’état psychologique de Moll : s’agit-il d’une femme défendant courageusement un innocent ? A-t-elle décelé chez lui une part d’humanité que d’autres n’ont pas su voir ? Est-elle aveuglée par l’amour et en danger sans le savoir ? Ou bien y a-t-il une part d’ombre bien plus terrible chez elle – et se venge-t-elle alors de ceux qui l’ont maltraitée ? La Bête pourrait-elle aussi se tapir en elle ? »

 

En s’intéressant à l’instinct animal et à son apprivoisement, Michael Pearce a construit l’histoire d’une femme à mi-chemin entre deux mondes, cherchant à comprendre où est sa place : « Le film épouse exclusivement le point de vue de Moll, et s’il pousse le spectateur à s’attacher à elle, il remet aussi en question son identification au personnage », note le réalisateur. « J’aime les films qui instaurent une relation complexe entre personnages et spectateurs. Avec ‘Jersey affair’, je ne voulais en aucun cas qu’on soutienne tel ou tel personnage de manière indéfectible. Car Moll tient plus d’une anti-héroïne que d’une demoiselle en détresse. »

 

En travaillant le scénario, Pearce a souhaité faire en sorte qu’il s’agisse davantage d’un récit mythique que d’un fait divers actuel. « J’ai pris conscience que cette histoire évoquait un conte de fée », poursuit-il. « Il s’agit d’une héroïne en apparence naïve, enfermée dans un milieu familial étouffant, qui s’aventure dans les bois et rencontre un homme qui pourrait être le prince charmant... ou le grand méchant loup. J’ai continué à m’inspirer des codes du conte de fée, et j’ai envisagé le scénario comme l’histoire d’une femme qui prend le pouvoir. Alors, si le film côtoie plusieurs genres – le thriller, l’histoire d’amour, l’horreur psychologique, le mélodrame familial – et emprunte à tous ces registres à la fois, il s’agit en définitive d’un conte de fée tragique et sombre pour adultes. C’est l’histoire d’une jeune femme qui doit affronter plusieurs monstres – ceux qui font partie de sa famille, ceux qui se cachent dans la forêt et ceux qui sommeillent en elle. »

 

Pour le personnage de Moll, qui tombe amoureuse d'un homme mystérieux, Michael Pearce recherchait une actrice qui pourrait jouer une femme d’apparence effacée chez qui couve un feu intérieur. « On a envie que Moll s’échappe de cette prison où elle est enfermée, mais on est effrayé par la trajectoire dans laquelle elle s’engage. Il me fallait une comédienne capable d’exprimer les tensions et les pressions que subit Moll », raconte-t-il. C'est pour cette raison que Jessie Buckley a été choisie.

 

Michael Pearce tenait à tourner à Jersey. « C’est un lieu magnifique, dont les sites naturels sont grandioses, et où on se sent parfaitement en sécurité. On n’avait jamais l’habitude de verrouiller nos portes à clé et j’étais libre de me balader où je voulais quand j’étais gamin. Pourtant, l’île possède aussi ses sombres légendes et mythes, mêlant histoires de fantômes, de sorcellerie et de procès, mais elle est aussi marquée par l’occupation nazie et d’authentiques histoires atroces comme l’affaire de la Bête de Jersey. Cela m’a toujours semblé incongru de me dire que des récits aussi terribles, réels ou imaginaires, puissent se dérouler sur une île aussi paradisiaque et sûre. »

Cela étant, et en raison du statut fiscal complexe de l'île, il aurait été trop coûteux d'y tourner l’intégralité du film. Par conséquent, après d’intenses repérages, la majorité des scènes d’intérieurs a été filmée dans le Surrey où l’architecture des maisons et le style de décoration correspondaient à l’univers feutré et conservateur de la famille de Moll. Par ailleurs, le cinéaste ne souhaitait pas faire de l’île un personnage à part entière du récit : « Je ne souhaitais pas que le suspense soit lié aux paysages. Au contraire, je tenais à utiliser les sites les plus spectaculaires de Jersey – les falaises d’une beauté à couper le souffle, les plages préservées – comme contrepoints de l’horreur des crimes qui y sont commis. D’une certaine façon, le film est plus proche des thrillers ruraux français que des polars anglais. Il s’agissait de faire surgir le danger d’un espace rassurant et de montrer qu’une menace terrible peut se cacher sur une île paradisiaque ensoleillée », confie-t-il.

 

 

KATIE SAYS GOODBYE de Wayne Roberts

 

Avec Olivia Cooke, Christopher Abbott et Jim Belushi

 

 

Ce film est interdit en salles aux moins de 12 ans

 

Katie, jeune femme du sud ouest américain, rêve d'une nouvelle vie à San Francisco. Elle vit ses premiers amours et se révèle d’une honnêteté désarmante. Son empathie compulsive envers les autres fait d’elle une proie facile. Sa ténacité et sa jeunesse seront mis à l'épreuve par ceux qu'elle aime le plus au monde.

 

« Katie Says Goodbye » est le premier long-métrage de Wayne Roberts et s’inscrira dans un triptyque. Johnny Depp est le personnage principal de son second volet, actuellement en tournage, intitulé « Richard says goodbye ». Le troisième volet réunira les deux acteurs principaux : Olivia Cooke et Johnny Depp et porte le titre provisoire de « Billie Says Goodbye ».

 

Le film est né à la faveur d’une image qui a surgi dans l'esprit du réalisateur Wayne Roberts il y a une quinzaine d’années. « J’ai eu la vision d’une fille qui marchait seule sur la route et j’avais le sentiment de tout connaître d’elle et de son parcours. Son uniforme me renseignait sur son métier de serveuse et son badge, sur son prénom : Katie. Plus tard dans la nuit, le titre du film m’est venu. Généralement, mes scénarios sont plus ‘techniques’, mais le point de départ de ‘Katie Says Goodbye’ est spirituel. J’ai laissé Katie me raconter son histoire, sans interférer. »

 

Le metteur en scène Wayne Roberts a choisi d'articuler sa réalisation autour de la technique de la caméra à l'épaule : « C’était important que le film soit réaliste et que le spectateur ne soit pas distrait par la mise en scène. Il fallait qu’il soit aux côtés de Katie et qu’il éprouve de la compassion et de l’empathie pour elle. En me tenant auprès d’elle et en épousant les mouvements naturels d’une caméra à l’épaule, cet objectif était plus simple à atteindre. »

 

Wayne Roberts a tenu à filmer le sublime visage de son héroïne, interprétée par Olivia Cooke, en usant souvent des gros plans : « Quand vous travaillez avec une force de la nature comme Olivia Cooke, vous avez envie de vous tenir au plus près d’elle pour saisir les subtilités de son jeu et la gamme de ses affects. Elle a une manière très intériorisée et authentique d’exprimer ses émotions qui passent par son regard. Quand on travaille avec une actrice aussi talentueuse qu’Olivia, ne pas s’approcher d’elle est un crime. Les gros plans permettent d’éprouver les émotions, contenues dans l’histoire de Katie. Je veux que le récit se déploie par petites touches, plus qu’il ne se déroule sous les yeux du spectateur. Pour cela, vous devez accompagner vos acteurs. »

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