Le pitch du 13/12

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Le Pitch - Cinéma
Emission du mercredi 13 décembre 2017

diffusé le mer. 13.12.17 à 0h37
émissions culturelles | 8min | tous publics

MARIA BY CALLAS de Tom Volf

 

 

Le film est entièrement constitué d'archives personnelles et dévoile des images inédites, photographies, films Super 8, enregistrements privés de ses concerts, lettres et interviews dans les coulisses de ses performances.

 

Avant 2013, Tom Volf ne savait pas qui était Maria Callas. Le metteur en scène a découvert l'artiste par hasard, alors qu'il habitait à New-York et venait d'assister à une représentation de « Maria Stuarda » de Donizetti. Il se rappelle : « Je ne connaissais rien à l'art lyrique mais cet opéra m’a donné envie d’en entendre davantage. En rentrant chez moi, j'ai surfé sur internet, cherchant d'autres interprétations de Donizetti et La Callas est sortie. Le choc a été si violent que j'ai passé la nuit à écouter tout son répertoire. J'ai à peu près lu tout ce qui avait été écrit sur elle et, très vite, j'ai rencontré les gens qui l’avaient connue. Mon intuition première était de redonner la parole et remettre La Callas au centre du récit de sa vie, dont la légende est truffée de contre-vérités. Elle a laissé l'image d'une diva capricieuse. C’est ridicule. Son tempérament impétueux souligne bien souvent l’exigence et la perfection d’un travail précis et rigoureux. »

 

« Maria by Callas » réunit une matière impressionnante, comme des films inédits ou des images jamais dévoilées. Tom Volf a interviewé une trentaine de ses proches dont Nadia Stancioff, l’attachée de presse de Pier Paolo Pasolini, devenue son amie sur le tournage de « Médée », Franco Zeffirelli, assistant de Visconti lorsque celui-ci la mettait en scène, Georges Prêtre le chef d'orchestre qui l'a dirigée et avec qui elle adorait travailler, Robert Sutherland, le pianiste qui a accompagné sa dernière tournée, etc. Le réalisateur explique : « A chaque rencontre, c’est l’humain qui l’emportait, chacun me révélait un moment, un souvenir et bien souvent l’émotion surgissait. J’assume le côté vérité subjective, le récit, l'évocation. Je me souviens de Robert Sutherland me racontant une répétition avec elle, l’émotion était si tangible, si vibrante que j’ai pu ressentir à quel point cette femme avait une aura, et comment elle continuait d’irradier. À chaque rencontre, la plupart ouvraient leurs tiroirs et sortaient des photos personnelles, des lettres de Maria, des films super 8 pris lors d'une après-midi entre amis, des enregistrements... J'ai regardé tout cela après un an et demi et je me suis rendu compte que la matière était inédite et précieuse. Dans la plupart des documents, Maria se racontait elle-même. »

 

Le film est dédicacé au majordome Feruccio et à la femme de chambre Bruna. Tom Volf explique ainsi que sa rencontre avec eux a été déterminante : « J’ai du mal à les désigner seulement comme son majordome et sa femme de chambre. Maria les considérait comme sa famille. Ils sont restés 25 ans auprès d'elle et parlaient d’elle en l'appelant ‘madame’. Lorsque je suis rentré dans le salon de Ferruccio, dans un petit village du nord de l’Italie, j'ai eu l'impression de retrouver l’ambiance, les couleurs et le décor de l’appartement de Maria, avenue Georges Mandel à Paris. Ils m’ont confié leur vie avec elle. Et m’ont surtout donné une interview inédite et perdue dont Ferruccio en gardait la seule copie existante... Il s’agit de l’interview de David Frost réalisée en 1970. »

 

Cette interview constitue donc le fil rouge du film : « elle impose le point de vue au film et tout s’articule autour d’elle. C’est une véritable colonne vertébrale à la première personne, Maria s’adresse à nous, nous interpelle sans filtre. Elle se livre avec une sincérité déconcertante. Elle est drôle, pertinente, elle se dévoile, vulnérable et terriblement indépendante. Cette interview est effectivement fondamentale et structurante. Maria évoque sa dualité entre la femme qu’elle est et son destin de diva. Physiquement, elle a dans cette interview un côté intemporel qui permet de s’y appuyer pour dérouler le fil chronologique du film. Car en trois décennies, elle change de statut, d’apparence, de style : dans les années 50, elle ressemble à Audrey Hepburn puis dans les années 60 à Jackie Kennedy, puis, dix ans plus tard, à la légende qu’elle est devenue. » relate le réalisateur.

 

Dans le film, Tom Volf a choisi de laisser en intégralité des moments chantés ; Il explique : « Je voulais faire une place à la voix chantée de Callas et à la voix parlée de Maria pour que les deux personnages coexistent. J’ai privilégié le fait de ne pas prendre beaucoup d’airs, il ne s’agissait pas d’établir une discographie filmée de La Callas, mais de présenter des airs en lien avec des moments forts de sa vie, comme s’ils en étaient la métaphore. ‘Casta Diva’ pour son entrée à Paris en 1958, ‘La Habeneraau’ au moment de son histoire avec Onassis, puis, quand la liaison se termine, ‘La Somnambule’. Passer de Bellini à Bizet est très rare, et donne l’étendue de son répertoire. En outre, j’ai voulu traduire les paroles des opéras, d’abord parce qu’elles évoquent son état d’âme au moment où elle les chante. Maria le dit : ‘si on m’écoute, on me trouve entière dans mes interprétations’. Et je trouvais important que chacun comprenne ce qui est chanté. »

 

La diversité des sources et la qualité diverse du matériel réuni a constitué un véritable casse tête pour Tom Volf. Il y avait en effet des films personnels dont les sources sont le super 8, le 9 mm, le 16 mm, le camescope, la VHS et des archives dont la forme devait être la plus originale possible. « Avec toute cette matière, j’ai voulu privilégier la pellicule car elle capte au mieux la lumière. Puis un travail de numérisation et de restauration colossal a été entrepris pour obtenir une qualité en haute définition. Après avoir travaillé sur l’élément original, j’ai recherché l’harmonie pour toujours mettre en valeur l’archive choisie. La colorisation participe également de cette volonté de retrouver les supports originaux, comme on regarde les photos couleurs de ces soirées-là. Un travail d’orfèvre a été mené pour rendre à la nuance près les couleurs d’origine de l’archive, et rendre l’image plus intime et plus proche pour le spectateur », raconte le réalisateur.

 

 

LE CRIME DE L’ORIENT-EXPRESS de Kenneth Branagh

 

Avec Kenneth Branagh, Johnny Depp, Daisy Ridley, Willem Dafoe, Penélope Cruz, Judith Dench, Michelle Pfeiffer…

 

 

Le luxe et le calme d’un voyage en Orient-Express est soudainement bouleversé par un meurtre. Les 13 passagers sont tous suspects et le fameux détective Hercule Poirot se lance dans une course contre la montre pour identifier l’assassin, avant qu’il ne frappe à nouveau.

 

Ce n'est pas la première fois que le célèbre roman d'Agatha Christie, paru en 1934, est porté à l'écran. Il y eut une première adaptation par Sidney Lumet en 1974, un téléfilm en 2001 avec Alfred Molina et Leslie Caron et même une mini-série japonaise, « Oriento kyuukou satsujin jiken. »

 

Durant ses 50 ans de carrière, Agatha Christie a signé 66 romans policiers, 150 nouvelles et plus de 20 pièces de théâtre, qui se sont vendus à deux milliards d’exemplaires. Seule la Bible et William Shakespeare ont fait mieux ! Ses romans ont été édités dans plus de 100 langues, ce qui fait d’elle l’auteure la plus traduite de tous les temps et ses oeuvres n'ont jamais cessé de fasciner le monde de la télévision et du cinéma : plus de 150 oeuvres audiovisuelles se sont inspirées de ses écrits.

 

Le projet du « Crime de l’Orient-Express » est né sous l'impulsion des producteurs Mark Gordon et Simon Kinberg qui bataillèrent durant cinq ans pour décrocher les droits. Ils firent alors équipe avec Ridley Scott, attaché à la production, et le scénariste Michael Green. Celui-ci rencontra les héritiers de l'écrivaine et la société Agatha Christie Ltd, propriétaire des droits littéraires et médiatiques des œuvres de la romancière : « Nous avions tous le même objectif : porter l’histoire dans le monde d’aujourd’hui sans altérer son essence, son âme, afin que le public moderne puisse s’y plonger, y adhérer, la croire et en éprouver tous les frissons. » C'est alors que Kenneth Branagh fut attaché à la réalisation. Plus connu pour ses adaptations de Shakespeare, le réalisateur et acteur était ravi de plonger dans l'univers d'Agatha Christie : « La Fox savait que j’aime les thrillers, ils sont donc venus me voir avec ce classique d’entre les classiques des thrillers criminels. Peut-être même savaient-ils que j’adore les trains ! »

 

En plus d’être le réalisateur, il se glisse ici dans la peau du célèbre Hercule Poirot : « Je sentais au plus profond de moi que ces deux casquettes se rejoignaient dans une harmonie particulière, parce que je suis convaincu qu’en fait, Poirot est lui-même un metteur en scène. Il dirige les protagonistes, il essaie intuitivement de placer chacun de ses interlocuteurs dans une ambiance, une situation propice afin qu’ils lui livrent ce qu’il cherche à capter ». Le détective belge est certainement le personnage d'Agatha Christie le plus connu. Il apparaît dans 33 romans et plus de 50 nouvelles. Pour se fondre dans son rôle, Kenneth Branagh a lu en amont du tournage l'intégralité des aventures d'Hercule Poirot.

 

Penelope Cruz incarne Pilar Estravados, un personnage absent du roman mais qui apparaît dans un autre écrit d'Agatha Christie, « Le Noël d’Hercule Poirot ». Cependant, son rôle ne fait que reprendre le nom du personnage et non le personnage lui-même. Kenneth Branagh explique ce parti pris : « Dans le cadre de nos efforts - très plaisants ! - pour surprendre les gens, et après consultation des héritiers d’Agatha Christie, gardiens de son œuvre, nous avons écarté le personnage de Greta Olson et intégré celui de Pilar Estravados ». Autre personnage inédit créé par l'équipe pour brouiller les pistes : Biniamino Marquez interprété par Manuel Garcia-Rulfo. « Nous avons pu modifier quelques éléments pour donner encore plus de piquant, exactement comme le faisait Agatha Christie – elle cherchait toujours à maintenir le suspense jusqu’à la fin, à faire en sorte que ses lecteurs cherchent à deviner sans y parvenir » souligne Branagh.

 

« Le Crime de l'Orient-Express » présente la particularité d'avoir été filmé en 65 mm, un format devenu de plus en plus rare avec l'arrivée du numérique. Il s'agit d'un choix esthétique car le 65 mm offre une incroyable netteté de l'image et permet « une définition en termes de gamme chromatique, de nuances et de contrastes qui, selon certains, est très similaire à la vision humaine. Pour simplifier, cela signifie que l’image est plus nette, plus riche et plus colorée, c’est comme si on était transporté dans le film » selon Kenneth Branagh. Le producteur Matt Jenkins a alors dû relever un défi de taille : aucun laboratoire au Royaume-Uni n’était capable de développer ce format tombé en désuétude. L'unique laboratoire capable de le faire se trouvait à Los Angeles. En association avec Kodak, Jenkins a ouvert le premier laboratoire de traitement de pellicule 65 mm au Royaume-Uni (le 1er depuis 30 ans !).

 

Le Crime de l'Orient-Express comporte le plus long plan steadicam jamais réalisé en 65 mm. Kenneth Branagh commente : « Cette séquence a été très complexe à réaliser sur le plan logistique. Il s’agit d’un plan-séquence de près de cinq minutes filmé au steadicam qui s’achève à 30 mètres du sol, obligeant toute l’équipe à se dissimuler. J’ai pris beaucoup de plaisir à le tourner car je trouve qu’il sied particulièrement à l’intrigue, qui reste d’une certaine manière en suspens. »

 

Au lieu de tourner dans un véritable train, l'équipe s'est vite aperçue qu'il était préférable de construire son propre train adapté aux déplacements de l'équipe et à ceux de l'imposante caméra 65 mm. Deux trains ont été conçus : l'un pour les scènes intérieures et extérieures, composé de tous les wagons et de la locomotive et capable de se déplacer sur les voies, et le second pour les scènes intérieures uniquement, avec des parois amovibles pour faciliter les prises de vues. Les chefs d’atelier Jim Machin et Jason Marsh se sont rendus en Suisse pour rencontrer le conservateur de l’unique locomotive de type 4-8-4 encore en activité. Ils sont revenus avec sous le bras l’épais manuel original rassemblant toutes les données de construction du modèle. Le superviseur des effets spéciaux David Watkins et son équipe ont si bien travaillé que le train dégageait de la vraie vapeur, permettant aux acteurs de se plonger totalement dans l'univers du film. En plus de la locomotive qui pesait 22 tonnes, l'équipe a conçu un wagon de stockage, un wagon-lit, un wagon-restaurant et une voiture-salon de 25 tonnes chacun.

 

Bien que les décors aient été reconstitués en studio (les Longcross Studios près de Londres et Malte), l'équipe souhaitait éviter au maximum les fonds verts. Le directeur de la photographie Haris Zambarloukos s’est donc rendu en Nouvelle-Zélande accompagné d’une équipe pour réaliser plusieurs heures de prises de vues à bord d’un train sillonnant des paysages montagneux. Ces images ont ensuite été montées en numérique par le superviseur des effets visuels George Murphy afin de les projeter sur deux immenses écrans 400 LED érigés de part et d’autre des wagons.

 

 

BONUS

 

 

MARIANA de Marcela Said

 

Avec Antonia Zegers, Alfredo Castro et Alejandro Sieveking

 

 

Mariana, une quadragénaire issue de la haute bourgeoisie chilienne, s’efforce d’échapper au rôle que son père, puis son mari, ont toujours défini pour elle. Elle éprouve une étrange attirance pour Juan, son professeur d’équitation de 60 ans, ex-colonel suspecté d’exactions pendant la dictature. Mais cette liaison ébranle les murs invisibles qui protègent sa famille du passé. Jusqu’où Mariana, curieuse, insolente et imprévisible sera-t-elle capable d’aller ?

 

Prix du Jury au Festival de Biarritz, cinémas et cultures d'Amérique Latine 2017

 

C'est lorsque Marcela Said réalisait son premier long-métrage documentaire, « El Mocito », qu'elle a fait la connaissance de Juan Morales Salgado, ex-colonel de l’armée qui était, à ce moment-là, maître d’équitation dans un centre équestre proche de Santiago. Il a été le chef du centre de répression Simon Bolivar, duquel des centaines de personnes avaient disparu. La réalisatrice se rappelle : « Je voulais l’interviewer à ce titre. Quand j’ai vu qu’il ne voulait pas parler du passé, j’ai orienté notre conversation vers la seule chose qui semblait nous lier lui et moi : l’amour des chevaux. Je lui ai demandé s’il accepterait de me donner des cours, pensant qu’il s’agissait de la seule façon de nouer une relation avec lui. Sous la réprobation de mon entourage, Juan Morales a été mon professeur pendant deux ans, jusqu’à sa condamnation en juillet 2011. Ces deux ans passés avec lui furent assez étranges, mais je peux témoigner de l’une des expériences les plus riches de ma vie. Il est en prison aujourd’hui et il y restera jusqu’à la fin de sa vie. L’idée du film est née de cette rencontre. »

 

La dictature chilienne est une thématique chère à la cinéaste qui a grandi pendant la période Pinochet, dans une ambiance très militarisée. Elle se souvient : « A 13 ans, quelqu’un m’a expliqué ce qu’était une démocratie, c’est à ce moment-là que j’ai compris que le Chili n’en était pas une. Même si je ne suis pas une victime directe de la dictature, cela ne peut pas être un sujet comme un autre pour moi. »

 

Marcela Said a, au même titre que pour le personnage de Mariana, un mélange d’attirance et de répulsion pour ceux que l’on qualifie de bourreaux. Pour la réalisatrice, rien est en effet ni tout noir ni tout blanc. Elle raconte : « Mariana n’est pas juste une bourgeoise qui veut s’émanciper, cela ne m’aurait pas intéressée. C’est un personnage complexe. Et ce qui se passe autour d’elle l’est plus encore. Le colonel, considéré comme un bourreau, est capable du meilleur envers elle, alors que le propre père de Mariana est capable du pire. »

 

Antonia Zegers incarne le rôle principal de « Mariana (Los Perros) ». Avant de la choisir, Marcela Said avait casté plusieurs comédiennes. La cinéaste poursuit par rapport au casting : « Elle a beaucoup de caractère. Cela m’intéressait, mais je me suis dit que ça n’allait pas être facile tous les jours ! Comme elle est aussi très généreuse, tout s’est bien passé. Comme avec Alfredo Castro d’ailleurs, qui joue le Colonel ou Elvis Fuentes (le policier), un acteur que j’ai découvert au théâtre et qui n’avait jamais fait de cinéma. J’ai eu une chance énorme d’avoir de si bons comédiens, si investis. Ils étaient mes complices en quelque sorte. Sachant que le film est politiquement incorrect pour le Chili, il me fallait du soutien. »

 

En espagnol, ‘Perro’ signifie ‘Chien’. Le titre du film signifie donc les vrais chiens de Mariana, mais aussi les hommes qui l’entourent, son père, son mari, le policier… Des personnages très machos. Par ailleurs, ‘Los Perros’ évoque aussi les militaires qui ont été « utilisés comme des chiens » pour faire le sale boulot pendant la dictature. « Il y a également cette expression que la bourgeoisie chilienne employait afin de définir les ‘gens d’en bas’, ceux qui n’étaient pas comme eux : ‘el perraje’, qui vient du mot perro. Et puis pour finir, au Chili, nous avons beaucoup de chiens errants... », termine Marcela Said.

 

 

STAR WARS - LES DERNIERS JEDI de Rian Johnson

 

Avec Daisy Ridley, John Boyega, Mark Hamill, Oscar Isaac, Adam Driver et Carrie Fisher

 

 

Les héros du Réveil de la force rejoignent les figures légendaires de la galaxie dans une aventure épique qui révèle des secrets ancestraux sur la Force et entraîne de choquantes révélations sur le passé…

 

Après que de grands noms se soient succédés pour réaliser les différents « Star Wars », c’est au tour de Rian Johnson de s’atteler à la tâche de « Star Wars – Les Derniers Jedi ». C’est Lucasfilm qui a appelé Rian Johnson pour lui proposer de réaliser le prochain volet de Star Wars. Il se souvient : « Je n'ai jamais pensé que j'étais vraiment dans la course, je pensais que tous les réalisateurs de la planète voulaient réaliser un film Star Wars. Et puis ça m'est tombé dessus brusquement. Comme si on lâchait une bombe. J'ai soudainement réalisé que cette réunion était à propos de ce film. Je n'ai pas cherché à cacher le fait que je flippais. Mais je me suis aussi dit qu'il fallait que j'y réfléchisse » a déclaré Rian Johnson. « Nous avons tous adoré travailler avec Rian, il est une force créatrice, et le regarder fabriquer ‘Les Derniers Jedi’ du début à la fin était l'une des grandes joies de ma carrière » déclare Kathleen Kennedy, présidente de Lucasfilm.

 

Mark Hamill (Luke Skywalker dans le film) a confié avoir été surpris par le destin de son personnage. « Ça m’a fait un choc quand j’ai lu ce que Rian [Johnson] avait écrit et je pense que ça fera le même effet au public » confie Mark Hamill. Apparemment, le comédien iconique de la saga Star Wars a bien du mal à anticiper le sort que les différents réalisateurs successifs réservent à Luke Skywalker. « Quand je l’ai lu pour la première fois, j’ai dit à Rian : je suis en désaccord total avec presque toutes les décisions que tu as prises pour mon personnage. Mais c’est peut-être bon signe ! Parce que j’avais déjà tort sur l’épisode sept. J’avais dit ‘Quand je vais me retourner à la fin, le public va hurler parce que c’est de la triche !’. Je n’avais pas prévu la musique incroyable de John Williams, les plans sur Daisy Ridley et l’assemblage de tous les éléments ». Il conclut en précisant pour rassurer les fans de la saga : « Je n’ai jamais été plus heureux d’avoir eu tort ». Daisy Ridley, elle aussi, admet avoir vivement réagi à la première lecture du scénario : « Je suis allée directement voir Rian dans son bureau pour lui dire : ‘Il faut qu’on parle’. »

 

En plus de ses activités de comédiennes, Carrie Fisher (disparue en décembre 2016) était également script doctor à Hollywood. Elle apportait notamment son aide pour réécrire de meilleurs dialogues dans les scénarios. C'est dans cette optique qu'elle a pu aider Rian Johnson à améliorer son scénario : « J'allais chez elle et nous passions des heures à revoir le script. Je l'adorais vraiment ! Nous avons eu une connexion spéciale, d'abord humainement, ensuite en tant que scénaristes. Elle était dotée d'un incroyable talent à ce niveau », se remémore le metteur en scène.

 

Après la mort en 2016 de son interprète principal, Kenny Baker, c'est le comédien Jimmy Vee qui a pris le relais dans les rouages du célèbre robot R2-D2. Ce n’est pas une surprise : Kenny Baker avait formé le comédien sur le tournage de « Star Wars – Le Réveil de la Force », justement dans l’idée de passer le relais : « Ça a été un vrai plaisir de travailler aux côtés de Kenny Baker. Kenny était un comédien fantastique et il m’a appris tous les petits secrets de son incarnation de R2-D2 que je vais continuer à jouer en son honneur. Je suis très excité à l’idée de rejoindre l’univers Star Wars et j’ai hâte que les gens découvre ce sur quoi j’ai travaillé l’an passé. »

 

S’il est quelqu’un qui prend Star Wars très au sérieux, c’est bien Adam Driver. L’interprète de Kylo Ren a en effet suivi une intense préparation avant le tournage des Derniers Jedi, se livrant comme il en a l’habitude à un travail d’identification au personnage proche des méthodes de l’Actors Studio. Lors d’un entretien Mark Hamill a d’ailleurs livré une étonnante anecdote qui illustre à merveille ce processus d’identification : « C’est quelqu’un d’intense et de caractériel. Je me souviens lui avoir dit ‘ Adam, je ne sais pas comment tu travailles, quelle est ta méthode. Mais à un moment donné, tu étais mon neveu. Je t’ai probablement gardé quand tu étais petit. Nous sommes tous les deux membres de la famille Skywalker. Donc ce que je veux dire, c’est que si tu le souhaites, nous pouvons déjeuner ensemble et discuter tous les deux pendant un moment.’ » « Il y a des liens personnels que j’établis avec chaque personnage que j’interprète, et pas seulement dans Star Wars. C’est un sujet récurrent à propos du métier d’acteur, c’est-à-dire de livrer des performances comme si notre vie en dépendait. Avec ce personnage en particulier, il y a des choses auxquelles je m’identifie mais je préfère garder cela pour moi. » souligne Adam Driver.

 

Oscar Isaac a été giflé 27 fois par la Princesse Leia ! L'acteur a livré cette étonnante anecdote « Une importante partie de ce que j'ai eu à faire sur le film était avec Carrie, ce qui était incroyable. Je me souviens que le premier jour de tournage, j'avais une scène avec elle... C'est une scène ou je viens lui parler, elle est très en colère et me gifle », raconte le comédien. « Le réalisateur Rian Johnson nous a fait refaire plein de fois la scène. Je pense qu'on a du finir par 27 prises de Carrie juste en train de me gifler », se souvient l'acteur en mimant la scène et en indiquant que l'actrice lui avait collé des baffes à peu près partout sur le visage !

 

Il y a ceux qui ont tenu et réussi à ne pas regarder la nouvelle bande-annonce pour éviter les spoilers. Et ceux qui regrettent de l'avoir vue en pensant en avoir trop appris. Autant de personnes qui peuvent être rassurées puisque Rian Johnson contrôle de très près ce qu'il dévoile ou non : « Il y a un an, ou peut-être plus que cela, nous nous sommes assis avec mon producteur Ram Bergman et les gens de Lucasfilm en leur disant 'Ok, voici ce que nous allons révéler ici et là, et voilà ce que nous ne dévoilerons jamais jusqu'à la sortie' », a expliqué le réalisateur. 

 

Alors qu'on le pensait éloigné de l'univers Star Wars depuis qu'il en avait vendu les droits à Disney, le scénariste et réalisateur George Lucas est toujours impliqué dans les nouveaux films. Le créateur de l'univers Star Wars répond donc toujours présent pour apporter quelques informations à la productrice Kathleen Kennedy avec qui il a collaboré pendant 40 ans. En 2012, George Lucas avait vendu à Disney les droits d'exploitation de sa boîte Lucasfilm (incluant la saga galactique) pour 4 milliards de dollars. Un bon investissement pour la firme aux grandes oreilles, puisque « Le Réveil de la Force » a rapporté 2,06 milliards dans le monde et « Rogue One » 1,05 milliard. Cela sans compter la vente de produits dérivés.

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