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Le Pitch - Cinéma
Emission du mardi 28 novembre 2017

diffusé le mar. 28.11.17 à 23h33
émissions culturelles | 7min | tous publics

LA VILLA de Robert Guédiguian

 

Avec Ariane Ascaride, Jean-Pierre Darroussin, Gérard Meylan, Anaïs Demoustier et Robinson Stévenin

 

 

 

Dans une calanque près de Marseille, au creux de l’hiver, Angèle, Joseph et Armand, se rassemblent autour de leur père vieillissant. C’est le moment pour eux de mesurer ce qu’ils ont conservé de l’idéal qu’il leur a transmis, du monde de fraternité qu’il avait bâti dans ce lieu magique, autour d’un restaurant ouvrier dont Armand, le fils aîné, continue de s’occuper. Lorsque de nouveaux arrivants venus de la mer vont bouleverser leurs réflexions…

 

Le réalisateur Robert Guédiguian revient sur sa note d’intention : « Dans ce huis clos à ciel ouvert, quelques frères et sœurs, pères et mères, amis et amants échangent des tonnes d’amours anciennes et d’amours à venir... Tous ces hommes et toutes ces femmes ont un sentiment commun. Ils sont à un moment de leur vie où ils ont une conscience aiguë du temps qui passe, du monde qui change... Les chemins qu’ils avaient ouverts se referment peu à peu. Il faut sans cesse les entretenir... ou bien en ouvrir de nouveaux. Ils savent que leur monde disparaîtra avec eux... Ils savent aussi que le monde continuera sans eux... Sera-t-il meilleur, pire ? Grâce à eux, à cause d’eux ? Quelle trace vont-ils laisser ? Et dans cette situation, soudain, arrive quelque chose qui, peut-être, va bouleverser toutes ces réflexions, une révolution copernicienne : des enfants rescapés d’un bateau échoué se cachent dans les collines. Ce sont deux frères et une sœur, comme un écho à Joseph, Armand et Angèle, et ça remet la fratrie en marche, puisqu’ils décident de garder ces petits avec eux. »

 

Robert Guédiguian avait pour idée initiale avec « La Villa » de tourner entièrement dans la calanque de Méjean, près de Marseille. Un endroit qui lui a toujours fait penser à un théâtre... Le metteur en scène raconte : « Les petites maisons colorées, encastrées dans les collines semblent n’être que des façades... elles sont surplombées par un viaduc où les trains ont l’air de jouets d’enfant, l’ouverture sur la mer transforme l’horizon en fond de scène... autant de toiles peintes... surtout dans les lumières de l’hiver, quand tout le monde est parti. Un décor abandonné, mélancolique et beau. »

 

Robert Guédiguian ne pouvait pas faire le film aujourd'hui sans parler des réfugiés. Le réalisateur confie à ce sujet : « On vit dans un pays où des gens se noient en mer tous les jours. Et je choisis exprès le mot ‘réfugiés’. Je me moque que ce soit pour des raisons climatiques, économiques, ou à cause d’une guerre, ils viennent chercher un refuge, un foyer. Avec ces trois petits qui arrivent, peut-être la calanque va-t-elle revivre ? Angèle, Joseph et Armand vont rester là avec ces trois enfants à élever, et ils vont essayer de faire tenir le restaurant, la colline et leurs idées du monde... Et maintenir des liens entre quelques personnes... donc de la paix. »

 

Avec « La Villa », Robert Guédiguian fait une fois de plus tourner sa femme Ariane Ascaride.

 

A savoir que Jean-Pierre Daroussin  Gérard Meylan, Jacques Boudet, Anaïs Demoustier, Robinson Stévenin et Yann Trégouët font aussi partie des habitués du réalisateur.

 

 

12 JOURS de Raymond Depardon

 

 

 

Avant 12 jours, les personnes hospitalisées en psychiatrie sans leur consentement sont présentées en audience, d’un côté un juge, de l’autre un patient, entre eux naît un dialogue sur le sens du mot liberté et de la vie.

 

« 12 jours » s'intéresse à deux sujets auxquels Raymond Depardon a déjà consacré divers documentaires : d'un côté « San Clemente », « Urgences » pour la psychiatrie, et de l'autre « Faits divers »« Délits flagrants » et « 10ème chambre » pour la justice.

 

Avec « 12 jours », Raymond Depardon « tente de donner un point de vue universel et nouveau sur le problème complexe de la santé mentale. Nous sommes sortis grandis de ce film qui donne la parole à ceux qui sont momentanément enfermés dans leur esprit et en ont perdu l’usage. Ces personnes vulnérables témoignent de leur histoire intime mais aussi à leur façon de l’histoire politique, sociale et morale de la France. Même si nos films peuvent laisser penser le contraire, nous ne sommes pas plus attirés par les institutions que d’autres, notre moteur c’est notre curiosité, notre force c’est notre naïveté, nous ne sommes spécialistes de rien, nous tentons simplement de rester à l’écoute, de restituer des moments, des paroles, des émotions. »

 

Le documentaire revient sur une nouvelle loi mise en application depuis le 27 septembre 2013 : les patients hospitalisés sans consentement dans les hôpitaux psychiatriques doivent être présentés à un juge des libertés et de la détention avant 12 jours puis tous les six mois si nécessaire. Autrefois, seul le psychiatre décidait de l'hospitalisation d'un individu. Pour le réalisateur Raymond Depardon et la productrice Claudine Nougaret « nous sommes tous concernés. Chaque année, il y a en France environ 92 000 mesures d’hospitalisations psychiatriques sans consentement (soit 250 personnes par jour). »

 

C'est de manière exceptionnelle que le tournage a été autorisé : Raymond Depardon et son équipe sont les premiers à filmer la mise en application de cette loi des 12 jours. Grâce à l’arrivée du juge des libertés dans l’institution psychiatrique, la parole autrefois réservée aux seuls psychiatres devient publique. L'équipe du film a posé sa caméra dans un hôpital qui organise deux fois par semaine des audiences publiques présidées tour à tour par quatre juges des libertés, deux hommes et deux femmes. Le psychiatre en charge du patient n'est pas présent à l'audience pour permettre au malade de parler librement des conditions d’hospitalisation.

 

Raymond Depardon a filmé 72 audiences au cours du tournage au moyen de trois caméras : « l’une pour le patient, l’autre pour le magistrat et une troisième pour un plan général. Ces axes de prise de vue permettent de donner une équidistance entre le patient et le magistrat, pour ne pas imposer un point de vue dominant et laisser le spectateur libre de se faire sa propre opinion. » Au final, ce sont dix patients que nous suivons au cours du documentaire. 

 

Malgré le contexte difficile de 12 jours, Raymond Depardon a tenu à créer « un temps suspendu en filmant des plans de l’hôpital à l’intérieur des services et à l’extérieur où les malades circulent librement entre les pavillons. Ces images, que j’ai voulues douces et très définies, sont le support d’une composition musicale originale très inspirée de Alexandre Desplat. J’ai aimé filmer le brouillard du matin et le faible soleil d’hiver, j’ai aimé revenir dans ma région pour capter les lumières de mon enfance. »

 

 

BONUS

 

 

LE BONHOMME DE NEIGE de Tomas Alfredson

 

Avec Michael Fassbender, Rebecca Ferguson,  et Charlotte Gainsbourg

 

 

 

Ce film fait l’objet d’une interdiction en salles aux moins de 12 ans.

 

Un sociopathe qui opère dans les plaines glacées de Norvège et se fait appeler le bonhomme de neige, a pris pour cible la seule personne capable de comprendre ses talents aussi effroyables que méthodiques : l’inspecteur en chef de la brigade criminelle spéciale, Harry Hole. En l’appâtant avec des phrases sournoisement simplistes, il cherche un adversaire digne de ce nom pour se livrer à un jeu pervers. Pour le détective, l’assassinat d’une jeune femme aux premiers frimas de l’hiver aurait pu être un meurtre banal. Mais plus l’enquête avance, plus le bonhomme de neige le nargue et multiplie les meurtres sadiques. Suspectant un tueur en série supposément mort et enterré, il s’associe avec Katrine Bratt pour tenter de faire le lien entre certaines vieilles affaires classées et la sauvagerie des meurtres plus récents. S’ils réussissent, ils déjoueront les pièges du psychopathe qui les épie dans l’ombre. S’ils échouent, le mal incarné frappera une nouvelle fois, à la prochaine chute de neige.

 

« Le Bonhomme de neige » est adapté d'un roman du même nom de Jo Nesbø, un auteur norvégien spécialisé dans la littérature policière. L'histoire a pour personnage principal Harry Hole, un inspecteur de la police d'Oslo qui est présent dans onze romans de Nesbø, dont « Le Bonhomme de neige » est le septième. Cet opus en particulier a propulsé le personnage à un tout autre niveau quand le livre est devenu best-seller de la liste du New York Times, ainsi que le leader des ventes en Grande-Bretagne, permettant à son auteur d’acquérir une renommée internationale. « C’est bizarre parce que ça fait plus de 10 ans que mes livres sont publiés dans le monde entier. Un journaliste a comparé cela avec le succès de Tom Waits pour ‘Swordfish Trombone’ et m’a demandé ce que j’avais changé pour tout d’un coup rencontrer un tel succès. Je n’ai pourtant rien changé, cela fait 15 ans que j’écris. Ce n’est pas moi qui m’ouvre au public, c’est le public qui s’ouvre à moi », raconte Nesbø.

 

Dénicher l’acteur qui interpréterait le fameux détective ne s’annonçait pas comme une mince affaire. Il allait falloir contenter les lecteurs du monde entier aussi bien que les futurs spectateurs. Cependant il faut avouer que la description du détective dans le livre « grand, athlétique, mince, blond, taillé à la serpe » n’était pas très éloignée de l’allure du comédien d’origine germanique Michael Fassbender. L’auteur lui-même, quand la production a commencé à lui parler de celui qui avait brillamment interprété un accro au sexe sous la caméra de Steve McQueen, a tout de suite trouvé qu’il s’agissait d’une excellente idée : « à l’époque ‘Shame’ faisait un carton au box-office, et Michael était pour moi le meilleur comédien de l’année. Le parfait Harry Hole n’existe pas, mais un acteur de la trempe de Fassbender allait certainement lui apporter une humanité intéressante. Il y avait une belle évidence concernant Fassbender. Il est extrêmement talentueux mais également très professionnel. Il possède une approche très franche de son métier, dénuée de toute vanité. Il est à la fois intuitif et réceptif à la direction d’acteur. Il était parfait, il ne restait plus qu’à le convaincre. »

 

Fassbender raconte pourquoi il a adhéré au projet : « À l’époque je n’avais jamais encore interprété un détective. Tout ce monde-là m’était totalement étranger. Je me suis plongé dans le script et me suis beaucoup attaché au personnage d’Harry. En revanche j’avais peur de trop m’attacher à certains détails du livre qui n’étaient pas dans le script. J’ai tout de même lu le début pour en saisir l’ambiance et pour comprendre ce que Jo Nesbø mettait en avant. Comme lui, je voulais me garder de tomber dans des clichés des films de détectives. Harry est un solitaire, il se moque de ce que les autres pensent de lui. Il est obsessif, d’où sa faiblesse pour l’alcool. Mais il boit pour exorciser les horreurs auxquelles il est confronté dans son travail. Autant de traits de caractère qui allaient me donner une belle matière de travail. »

 

Qui de mieux que la muse de Lars Von Trier pour interpréter la femme dont Harry est séparé mais encore amoureux. Elle est à la fois son âme soeur et son alter ego, mais ne peut pas s’habituer à la noirceur récurrente du détective. Il fallait une femme dotée d’un sacré charisme pour pouvoir interpréter la femme de la vie d’un personnage aussi légendaire que complexe. Le producteur Robin Slovo se confie à propos de Charlotte Gainsbourg : « Charlotte est le genre de femme inoubliable qu’il est impossible de cesser d’aimer. Elle a un côté foncièrement européen et amène à la fois de la profondeur et une classe folle à son personnage. Son élégance naturelle donne au trio un aspect très explosif. Charlotte Gainsbourg jouit d’une très belle carrière internationale et est souvent perçue comme une comédienne très provocatrice et énigmatique. Elle a souvent interprété des femmes qui ont connu la violence que ce soit en tant que victime ou bourreau. Rakel est une femme incroyablement forte, et pourtant, c’est elle qui va être le plus affectée par la violence de l’enquête. »

 

La comédienne explique : « elle ne participe pas à l’aspect policier du film, son dilemme est très classique. Elle est entre deux hommes. La force de sa relation avec Harry ne s’étiole pas. C’est une fidélité complexe qui m’intéressait à jouer. L’enquête est liée à mon personnage par sa seule relation avec Harry. Rakel ne s’en mêle jamais et pourtant on a l’impression que tout repose sur ses épaules, jusqu’à la fin ».

 

« Le Bonhomme de neige » est la première production internationale à poser ses caméras dans la ville d’Oslo et à bénéficier d’un crédit spécial mis en place par le nouveau gouvernement pour attirer les productions étrangères. A ce jour, le long métrage de Tomas Alfredson est le plus gros film jamais tourné en Norvège.

 

La chef décoratrice Maria Djurkovic précise que la ville d'Oslo possède plusieurs aspects totalement différents qui coïncidaient avec l’univers de Tomas Alfredson : « Nous avons tout visité ensemble pour nous faire une idée de la ville : les musées, les galeries d’art, l’architecture de la ville… tout y est passé. Mais c’est l’hôtel de ville qui m’a inspiré le plus. Ce bâtiment a été la clef de ma création visuelle. C’est là que j’ai compris exactement ce que Tomas cherchait. Les 16 frises créées par le peintre et sculpteur Dagfin Werenskiold (1892-1977) qui ornent le bâtiment, racontent les mythes norvégiens, la vie des dieux, des histoires d’amour et de bon sens qui sont ancrées dans la culture norvégienne, et sont en totale opposition avec le style fonctionnaliste de la Mairie. Là où la structure célèbre l’utilitaire et le pratique, les murs explosent de couleurs et d’ornements. Il y a quelque chose de très audacieux dans ce contraste et dans la palette de couleurs qui y règnent. Cela fait référence à la dichotomie entre les extérieurs épurés, aplanis par la neige et la richesse des intérieurs norvégiens. Je me suis servi de ce contraste : c’est soit l’un soit l’autre, sans demi-mesure et surtout sans couleur primaire, mais toujours avec richesse et densité ». C’est d’ailleurs en jouant sur ces contrastes qu’elle a créé l’atmosphère du commissariat en totale opposition avec le caractère taciturne d’Harry, afin d’en faire un lieu où on le perçoive immédiatement comme un poisson hors de son bocal. Elle en a fait le commissariat le plus hype qu’on ait jamais vu, un endroit où les gens communiquent facilement et se sentent bien, exactement le contraire d’un commissariat classique. On y trouve une table de ping-pong, des aires de repos confortables, des fauteuils design… Tout a été organisé pour qu’on sente qu’Harry ne s’y sent pas à sa place, que cela devienne assez ironique de le voir y évoluer.

 

Johan Harnesk, spécialiste de la neige au cinéma, a dû en fournir de la vraie pour qu'elle paraisse naturelle pour les besoins du film, surtout au printemps où il a fallu renflouer des endroits où elle avait fondu. Pour les scènes en studio, l'équipe a dû louer un entrepôt réfrigéré. « La température du studio était de moins 5 degrés pour que la neige puisse tenir et que le souffle des comédiens puisse être visible. On faisait venir la neige par camion depuis Holmenkollen, la célèbre station de ski au-dessus d’Oslo. Evidemment quand on stocke de la neige dans un camion, elle se densifie et se condense en blocs. Il fallait donc, à peine arrivée au studio, l’aérer et la tamiser », précise Harnesk.

 

 

COCO de Lee Unkrich & Adrian Molina

 

Avec les voix de Andrea Santamaria, Ary Abittan et François-Xavier Demaison

 

 

 

Depuis déjà plusieurs générations, la musique est bannie dans la famille de Miguel. Un vrai déchirement pour le jeune garçon dont le rêve ultime est de devenir un musicien aussi accompli que son idole, Ernesto de la Cruz. 
Bien décidé à prouver son talent, Miguel, par un étrange concours de circonstances, se retrouve propulsé dans un endroit aussi étonnant que coloré : le Pays des Morts. Là, il se lie d’amitié avec Hector, un gentil garçon mais un peu filou sur les bords. Ensemble, ils vont accomplir un voyage extraordinaire qui leur révèlera la véritable histoire qui se cache derrière celle de la famille de Miguel…

 

Impulsé par une idée de Lee Unkrich « Coco » est également réalisé par Adrian Molina, qui a pu enrichir le projet de ses racines mexicaines.

 

Le thème universel de la famille trouvait un profond écho chez les créateurs du film. Adrian Molina, confie : « Nous faisons tous partie d’une famille. Les rapports humains en son sein sont à la fois merveilleux et compliqués, mais ils contribuent à faire de nous ce que nous sommes. Cela nous a conduits à nous demander ce qui se passerait si nous avions la possibilité de rencontrer nos ancêtres. Que reconnaîtrions-nous chez eux que nous avons vu en nous-même ? » Lee Unkrich ajoute : « Nous espérons tous que l’on se souviendra de nous quand nous ne serons plus là. Que l’on comptera encore pour quelqu’un une fois que notre temps sur Terre sera écoulé. De même, nous sommes attachés au souvenir de ceux que nous avons aimés, de notre façon de vouloir les garder vivants dans nos cœurs. En partageant leurs histoires et en créant la nôtre, nous bâtissons le lien entre les générations, un lien qui transcende le quotidien. »

 

Les cinéastes ont souhaité plonger le public dans la culture qui sert d’écrin à leur histoire. Ils ont donc mené des recherches approfondies dans plusieurs domaines, ont engagé des consultants et des experts, étudié les beaux-arts, les arts populaires, le cinéma, la musique, et sillonné le pays à la rencontre de ses traditions et de son peuple, des lieux et des modes de vie.


Le réalisateur Lee Unkrich revient sur le travail de recherches autour de Coco : « Dès l’instant où nous avons décidé de raconter une histoire qui se déroule au Mexique, nous avons organisé notre premier voyage de recherches. Durant trois ans, nous avons exploré les musées, les marchés, les places, les ateliers, les églises, les haciendas et les cimetières à travers le Mexique. Des familles nous ont ouvert leurs portes et nous ont parlé de la nourriture qu’ils aimaient, de la musique qu’ils écoutaient, de leurs moyens de subsistance et de leurs traditions. Plus important encore, nous avons été témoins de l’importance que revêt pour eux la famille. C’est ce dernier point qui a réellement été l’étincelle donnant naissance à l’histoire. Nous voulions explorer les liens familiaux qui nous unissent aux générations qui nous ont précédées. L’histoire de ‘Coco’ célèbre le passé tout en étant tournée vers l’avenir. »

 

« Coco » se déroule au Mexique dans des univers parallèles : le monde des vivants et le monde des ancêtres. Pour les représenter, les artistes des studios Pixar ont puisé leur inspiration dans leurs voyages de recherches. Le chef décorateur Harley Jessup précise : « Le Mexique est un rêve pour un dessinateur. Nous brûlions d’envie de mettre dans le film toute la richesse des couleurs et des textures que nous avons vues là-bas. » La gageure consistait à créer dans leur intégralité deux univers différents. Toute l’année, ces deux mondes vivent harmonieusement chacun de leur côté, mais une fois par an, pour une journée seulement, ils convergent comme par magie. Le réalisateur Lee Unkrich explique : « El Día de los Muertos est une sorte de gigantesque réunion de famille qui réunit les vivants et leurs ancêtres. Ce n’est pas un jour de deuil mais une fête. On se souvient des membres de sa famille et des êtres aimés qui nous ont quittés, et on fait tout pour les rapprocher de nous et leur montrer qu’on ne les a pas oubliés. »

 

Pour relier les deux mondes de Coco, les artistes souhaitaient un passage magique. Lors de leurs voyages au Mexique, ils avaient remarqué quelque chose de particulièrement spectaculaire. Le réalisateur Lee Unkrich raconte : « Nous avons participé au ‘Dia de los Muertos’ à Mexico et avons vu des chemins tracés avec des pétales de soucis qui menaient de la rue aux ofrendas – ces autels sur lesquels trônent les photos des défunts, leurs mets préférés et des objets spéciaux. Nous avons appris qu’ils avaient pour but de guider les esprits vers leur famille. » Cette expérience a fait si forte impression sur les cinéastes qu’ils ont choisi d’ériger un flamboyant pont en pétales de soucis orange afin de relier les deux mondes. Le chef décorateur Harley Jessup commente : « C’est magnifique, féérique. La forme renvoie en outre aux anciens aqueducs mexicains et le magnifique orange symbolise le lien à la famille. » 

 

« Coco » rend hommage à tous les styles de musique mexicaine. La productrice Darla K. Anderson souligne le perfectionnisme des cinéastes, qui voulaient être sûrs que la musique du film serait authentique non seulement au plan sonore, mais aussi au plan visuel. « Nous avons pris pour modèle des images et des films montrant des musiciens en train d’interpréter de formidables morceaux. Ainsi, quand Miguel joue de la guitare, son doigté est tout ce qu’il y a de plus réaliste.»

 

Star de la scène et de l’écran, Ernesto de la Cruz est adoré pour sa voix de velours, son physique séduisant, son charisme irrésistible et les paroles inoubliables de ses chansons. Il joue d’une guitare emblématique, incrustée de nacre et dont la tête est en forme de crâne. Pour rendre plausible l’adoration que porte Miguel à Ernesto, les cinéastes ont réalisé qu’il leur faudrait bâtir toute une carrière à ce personnage fictif. Daniel Arriaga, directeur artistique des personnages, explique : « La création du personnage d’Ernesto puise ses racines chez plusieurs célébrités mexicaines. La première a été un très célèbre chanteur et acteur des années 30 et 40. Nous nous sommes aussi inspirés d’un comédien de l’âge d’or du cinéma mexicain et, pour une référence plus moderne, nous nous sommes tournés vers Vicente Fernández, qui continue à récolter des Grammy Awards. Ils nous ont donné des idées en termes de costumes, de chevelure, de moustache, d’assurance, de physique ou de posture. »

 

Enregistrée avec un orchestre de 83 musiciens, la musique originale de « Coco » a été composée par Michael Giacchino, à qui l’on doit la musique oscarisée de « Là-haut ». Le compositeur explique qu’il choisit les projets auxquels il collabore en fonction de la réaction initiale que l’histoire provoque en lui : « Je dois ressentir un sentiment que je puisse transcrire par la suite sous forme de musique. ‘Coco’ a fait naître en moi toute une mosaïque d’émotions. Le film m’a fait penser à mes parents et à ceux de ma famille qui vivent là-bas en Italie. Ce film parlera à tout le monde. »

Pour donner vie à la passion de Miguel, l’équipe de « Coco » a sollicité les talents de célèbres auteurs-compositeurs, parmi lesquels le duo formé par Kristen Anderson-Lopez et Robert Lopez, récompensés aux Oscars pour leur travail sur « La Reine des neiges ». Ils ont ainsi écrit la chanson thème « Remember Me », le titre phare de l’immense vedette Ernesto de la Cruz qui revient à plusieurs reprises dans le film.  Kristen Anderson-Lopez déclare : « C’est l’appel de quelqu’un qui espère ne pas être oublié par la personne qui l’a aimé. Mais les paroles peuvent être interprétées de bien des manières différentes selon le tempo et la tonalité de la musique ».   
Les chanteurs Miguel et Natalia Lafourcade ont enregistré la version de « Remember Me » qui accompagne le générique de fin. Celui-ci commente : « C’est une chanson spéciale parce qu’elle parle de la famille et dit qu’il faut se souvenir de ses origines. Il faut rendre grâce à l’amour de ceux qui nous ont précédés et aux sacrifices qu’ils ont faits pour que nous puissions devenir ce que nous sommes. C’est un message assez fort pour toucher tous ceux qui l’entendront, et nous apportons encore plus de profondeur et d’âme à cette chanson avec cette version. »

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