pitch cinélma 13/09

inscrivez-vous pour visionner cette vidéo et profiter de l'expérience france.tv

s'inscrire / se connecter

disponible +30 jours

Le Pitch - Cinéma
Le Pitch Cinéma du 13 septembre 2017

diffusé le mer. 13.09.17 à 0h53
émissions culturelles | 7min | tous publics

LE REDOUTABLE de Michel Hazanavicius

 

Avec Louis Garrel, Stacy Martin et Bérénice Bejo

 

 

 

Paris 1967. Jean-Luc Godard, le cinéaste le plus en vue de sa génération, tourne «  La Chinoise » avec la femme qu'il aime, Anne Wiazemsky, de 20 ans sa cadette. Ils sont heureux, amoureux, séduisants, ils se marient. Mais la réception du film à sa sortie enclenche chez Jean-Luc une remise en question profonde. Mai 68 va amplifier le processus, et la crise que traverse Jean-Luc va le transformer profondément passant de cinéaste star en artiste maoïste hors système aussi incompris qu'incompréhensible.

 

« Le Redoutable » est inspiré du livre « Un an après » écrit par l'ex femme de Jean-Luc GodardAnne WiazemskyMichel Hazanavicius est tombé par hasard sur ce livre dans une gare alors qu'il cherchait quelque chose à lire pour son trajet en train. En le lisant il en a tout de suite vu un film : « Quand je l’ai contactée par téléphone, Anne Wiazemsky avait déjà refusé plusieurs offres d’adaptation. Elle ne tenait pas à ce que ce livre devienne un film. Je me souviens que, juste avant de raccrocher, je lui ai dit que je trouvais cela d’autant plus dommage que le livre m’avait paru très drôle. Elle a tout de suite réagi en disant qu’elle aussi trouvait cela très drôle, mais que jusqu’à présent personne ne lui en avait fait la remarque. C’est ainsi que tout a commencé », confie le réalisateur.

 

Hazanavicius a choisi Jean-Luc Godard pour plusieurs raisons : « Godard est bien sûr un sujet d’une complexité particulière. Mais une des choses qui m’intéressaient, et qui me faisaient penser que ce film était possible, c’est que Godard, tout en étant un grand artiste à la réputation difficile – je parle de ses films, mais aussi de lui, comme personnage - peut tout à fait être vu comme une icône de la pop culture. Il est une figure des années 60, au même titre que Andy Warhol, Muhammad Ali, Elvis ou encore John Lennon. Il fait partie de l'imaginaire collectif, et à travers lui on peut aborder des thèmes et des sujets qui nous sont communs à tous. ».

 

Néanmoins, « Le redoutable » n’est pas un film sur Godard ni même un biopic - c'est une histoire d'amour comme le qualifie le metteur en scène : « C'est avant tout leur histoire d’amour qui m'a attiré. Ce n’est pas juste une histoire de sexe ou de désir. La destruction du couple formé par Godard et par Wiazemsky vient de la quête profondément sincère - et profondément ancrée dans son époque - d’un homme pour une certaine vérité artistique et politique, alliée à une espèce de pathologie masochiste et autodestructrice. À la recherche d'idéaux et pour l'amour de la révolution, cet homme va tout détruire autour de lui. Ses idoles, son milieu, son travail, ses amis, mais aussi son couple, et même son nom, pour finir par se détruire lui-même. Et Anne, elle, va être le témoin de cette dérive, elle va l'aimer tant qu'elle le peut, mais ne pourra pas le suivre et restera impuissante face à cette force autodestructrice. Au fond, il n’a rien à lui reprocher. Et elle non plus. Mais ils s'éloignent malgré eux, et ne peuvent que se séparer finalement. Je trouvais ça très beau. »

 

Pour incarner Godard, le metteur en scène a choisi Louis Garrel. Pourtant les deux n’avaient pas la même vision de l'interprétation du personnage : « Louis pensait à séduire les spectateurs qui adorent Godard, et moi ceux qui ne l’aiment pas ou qui – ils sont beaucoup plus nombreux – n’en pensent rien de particulier. Louis était le garant d'un grand respect pour le vrai Jean-Luc Godard, là où j'avais tendance à le tordre un peu plus pour améliorer mon Jean-Luc de fiction. Pour caricaturer, je dirais qu’il le tirait du côté de la révérence, et moi du côté de l’irrévérence. Mais autant je me suis accaparé Godard, autant Louis a fait de même. Et mon Godard est devenu le sien. Au final, le personnage est un croisement entre le vrai Godard, la vision qu'en a eue Anne Wiazemsky, la mienne, et l'incarnation de Louis. »

 

Michel Hazanavicius a choisi la jeune comédienne Stacy Martin révélée dans « Nymphomaniac » de Lars Von Trier, pour camper Anne Wiazemsky, la femme de Godard à l'époque : « Quand j'ai commencé à chercher une jeune actrice, Bérénice m'a soufflé son nom, je l'ai appelée, elle est venue faire des essais et c'était plié. Son choix s’est imposé comme une évidence. Stacy ressemble à une jeune femme des années 1960. Elle est née à Paris, mais elle vit à Londres et a passé une partie de son enfance à l’étranger, elle a une pointe d’accent, et son phrasé possède quelque chose d’intemporel qui me plaît beaucoup. Il y a dans son visage une beauté tragique, un peu distante, qui permet au spectateur de se raconter plein d'histoires. D'y greffer plein de sentiments, plein de nuances. Elle a un visage de films muets, un peu à la Garbo » confie le cinéaste.

 

Jean-Luc Godard n'a pas souhaité être impliqué dans le processus de création du film : « Avant de tourner je lui ai envoyé une lettre. Restée sans réponse. Puis il a fait savoir qu’il souhaitait lire le scénario. Je le lui ai fait parvenir. Je n’ai eu aucun retour de sa part. Je lui ai proposé de voir le film. Il a fait répondre qu’il ne le souhaitait pas. Ceci dit il n’est pas impossible qu'à un moment où un autre il lâche une des formules dont il a le secret. Une formule qui me couvrira de honte et dont même mes proches auront honte pour moi. On verra bien. En même temps, je suis très heureux du film, et à tout prendre, mieux vaut un film de moi sur Godard qu’un film de Godard sur moi... » confie Michel Hazanavicius.

 

 

 

NOS ANNÉES FOLLES de André Téchiné

 

Avec Céline Sallette et Pierre Deladonchamps

 

 

 

La véritable histoire de Paul qui, après deux années au front, se mutile et déserte. Pour le cacher, son épouse Louise le travestit en femme. Dans le Paris des Années Folles, il devient Suzanne. En 1925, enfin amnistié, Suzanne tentera de redevenir Paul…

 

L’intrigue de « Nos Années Folles » est tirée d’une histoire vraie, relatée dans le roman « La garçonne et l'assassin : histoire de Louise et de Paul, déserteur travesti, dans le Paris des Années folles », écrit par Fabrice Virgili et Danièle Voldman, paru en 2011. Histoire vraie qui a également inspirée la bande-dessinée « Mauvais genre » de Chloé Cruchaudet paru en 2013.

 

C'est la folie de cette histoire et son caractère baroque qui a donné envie à André Téchiné de l'adapter sur grand écran. Le metteur en scène voit ainsi « Nos Années Folles » non pas comme un biopic sur Paul Grappe, mais comme un biopic sur le couple qu'il forme avec Louise et qui va donner naissance à un enfant en la personne de Suzanne : « C'était un récit d'une telle folie qu'il fallait inclure le mot ‘fou’ dans le titre. Et en plus ça reposait sur des faits avérés. C'est tout à fait excitant pour un projet de cinéma. Après, c’est dans le travail avec Cédric Anger – scénariste - que j’ai essayé de dégager les lignes qui me paraissaient les plus intéressantes à partir de cette matière documentaire. Principalement, la création et la naissance de Suzanne, à partir du personnage de Paul le déserteur, qui se réfugie chez sa femme, Louise. La fabrication de Suzanne, ça va entièrement transformer leur existence et leur relation conjugale. Et là ce sont les chemins d’une aventure tout à fait inédite que ce couple va emprunter. Ils vont marcher vers l’inconnu. »

 

Très tôt, André Téchiné a fait des essais perruque et maquillage avec Pierre Deladonchamps.

Le réalisateur se souvient : « J’avais besoin de mettre à l’épreuve ces effets de mascarade qui faisaient vraiment partie du sujet. On a fait plusieurs séances, des essais de maquillage, et de perruque. J’ai résolu ça au fur et à mesure de la préparation, en me rendant compte que finalement il fallait confronter le personnage de Paul Grappe à tous ces essayages. Dans le film, on montre tout ce processus, on assiste à des transformations successives, à des corrections, des erreurs, à des choses qui ne marchent pas. À partir du moment où je rendais visible tout ce parcours, ça devenait crédible, intéressant, vivant. Je tenais aussi beaucoup à ce qu’il y ait des scènes sans perruque, où la féminité n'est pas liée à cette prothèse. Et je trouve particulièrement troublant tous les passages où il est en Suzanne sans la perruque et où il est dans une espèce d’entre deux mondes, une sorte de frontière indiscernable entre Paul et Suzanne. C’est là, dans cet espace de flottement, qu’il y a le plus grand interstice de liberté, et c’est le plus intéressant à creuser cinématographiquement. »

 

Céline Sallette et Pierre Deladonchamps parlent d’une relation de travail de trinité avec le metteur en scène. Ce dernier raconte : « Je n'avais jamais vécu ça, cet espace de confiance qui circulait entre nous, qui nous donnait des ailes, et qui permettait de surmonter nos inhibitions respectives, nos points faibles. Il n'y avait pas de test, pas de jugement, pas de résistance, et ça établissait les conditions d'une inventivité constante. On pouvait prendre tous les risques, comme si on n'avait de comptes à rendre à personne. C'était une espèce de bloc où on peut tout se permettre, rectifier ce qui ne va pas, aller dans une direction, voir que c'est pas la bonne et en changer. C’était une espèce de révolution permanente. On pouvait très bien avoir des désaccords sans que ça soit vécu comme des blessures. Ça nous rendait invincibles. Je n'ai jamais vécu cela avec un couple d’acteurs. On peut avoir des relations tout à fait fortes et privilégiées avec une actrice ou un acteur sur un tournage. Mais là, pour raconter le biopic d’un couple, que ce couple soit suffisamment uni, dépourvu de préjugés, et capable d'inclure le regard du metteur en scène, parce qu'eux-mêmes étaient d'une totale disponibilité par rapport à ma démarche, cela nous ouvrait toutes les portes pour nous jeter à l'eau. Céline et Pierre aimaient aller à l'aventure, cela a été une chance inouïe, parce que ça nous donnait à tous un talent qu'on n'aurait pas eu dans d'autres conditions. »

 

 

 

BONUS

                      

 

 

GOOD TIME de Benny & Josh Safdie

 

Avec Robert Pattinson, Benny Safdie et Jennifer Jason Leigh

  

 

 

Ce film est interdit en salles aux moins de 12 ans

 

Un braquage qui tourne mal… Connie réussit à s'enfuir mais son frère Nick est arrêté.
Alors que Connie tente de réunir la caution pour libérer son frère, une autre option s'offre à lui : le faire évader. Commence alors dans les bas-fonds de New York, une longue nuit sous adrénaline.

 

Comme il en a été de même dans leurs précédents films, Ben Safdie et Joshua Safdie ont cherché à creuser, avec Good Time, leur obsession pour les marginaux et plus particulièrement les Américains oubliés. Le second ajoute : « Plus on se focalisait sur des éléments comme le danger, l’urgence, et la nécessité d’un objectif clair, plus le film se transformait en néo-thriller à sensation. »

 

C'est en voyant Mad Love In New York, le précédent film de Ben et Joshua Safdie centré sur un couple de toxicomanes, que Robert Pattinson a découvert l’esthétique des frères Safdie et en est tombé amoureux. Le comédien a ensuite contacté les réalisateurs pour leur faire part de son envie de tourner sous leur direction. « Rob m’a dit au téléphone, 'peu importe le prochain projet que vous allez monter, je veux en être !' Il nous a dit qu’il nous suivrait où qu’on l’emmène », se rappelle Joshua Safdie.

 

Pour Good Time, les deux frères et le scénariste Ronald Bronstein se sont inspirés de faits divers des tabloïds, comme ceux qu’ils lisaient dans le New York Daily News, à savoir des histoires peuplées de petits délinquants médiocres, pétris de rêves ambitieux, mais incapables de réaliser correctement leurs forfaits : « Nous avons toujours été fascinés par ce ventre mou de notre société qui pourrit sur place. L’histoire s’est transformée en étude de l’amoralité. Les meilleurs romans de gare sont immoraux - ils sont dangereux parce qu’il n’y a aucune morale pour structurer l’ensemble », précise Joshua Safdie.

 

Une fois le scénario finalisé, le lien fraternel entre les deux protagonistes est devenu le fil conducteur du film, jusque dans les choix de casting. Le scénario analyse l’affection profonde que Connie et Nick éprouvent l’un envers l’autre, et tente de montrer jusqu’où Connie est prêt à aller pour protéger son frère à un moment critique et sauver leur peau quand tout s’effondre. « Je comprends vraiment ce besoin irrépressible de rester aux côtés de son frère jusqu’au bout », reconnaît Benny. « C’est quelque chose qu’on nous a martelé toute notre enfance, qui a été pas mal marquée par les drames et les disputes. Le seul élément réellement stable dans nos vies respectives, c’était le lien qui nous unissait. »

 

Good Time se déroule dans le Queens et ses environs, où Joshua Safdie et Ben Safdie ont passé une grande partie de leur enfance. Ce borough new-yorkais a été représenté dans le film comme un personnage à part entière. « Le Queens qu’on connaît et qu’on adore ressemble un peu à cette communauté de personnages (en rapport à leurs origines ethniques les plus diverses). On voulait saisir l’énergie de ce quartier, un peu à la manière de Saturday Night Fever. (...) Le Queens a l’air communautaire et en même temps, c’est un quartier incroyablement métissé, avec plein de lieux inattendus et une iconographie très particulière qu’on aime bien mettre en lumière dans nos films. Les gens sont très fiers de dire qu’ils viennent du Queens, mais en même temps ils ressentent un certain désir d’en partir, et de réussir leur vie à Manhattan puisque c’est le coeur de New York »« Beaucoup de gens n’arrivent jamais à atteindre ce centrenévralgique - d’où le surnom de ‘borough tragique’. Le Queens a toujours été envisagé comme un lieu de répit par rapport à la ville, un endroit où l’on peut être soi-même. Mais ça n’a jamais été un endroit cool », explique Joshua.

 

Pour la musique Good Time, les réalisateurs se sont tournés vers le musicien expérimental et compositeur de musiques de film Daniel Lopatin qui enregistre sous le pseudonyme d’Oneohtrix Point Never pour le label WARP Records. Les frères Safdie voulaient que la bande-originale du film soit moderne, électro, et teintée d’influences diverses, parmi lesquelles le rock progressif du britannique Steve Hillage, les synthétiseurs analogiques du compositeur japonais Isao Tomita, aujourd’hui décédé, et le groupe Tangerine Dream. Lopatin et les frères Safdie se sont notamment retrouvés autour de leur passion commune pour la bande-originale de Heat de Michael Mann.

 

À travers la musique, les réalisateurs voulaient également restituer l’énergie palpable de personnages comme Connie et Ray. « L’un des sentiments qui ressort le plus de ce film, c’est la folie », détaille Josh. « On voulait que la bande-originale véhicule des émotions fortes et surtout pas qu’elle tombe dans une espèce de musique aseptisée et sans saveur. La partition de Daniel a toujours eu beaucoup de présence ».

 

 

 

MOTHER ! de Darren Aronofsky

 

Avec Jennifer Lawrence, Javier Bardem, Ed Harris et Michelle Pfeiffer

 

 

 

Ce film est interdit en salles aux moins de 12 ans

 

Un couple voit sa relation remise en question par l'arrivée d'invités imprévus, perturbant leur tranquillité. 

 

Nouveau film, nouvelle équipe ! C’est la première fois de sa carrière que Darren Aronofsky a écrit le scénario original seul, sans s'appuyer sur un roman (comme ce fut le cas pour « Requiem for a Dream »), son binôme Ari Handel ou d'autres plumes.

 

C’est aussi le premier film dont la bande originale n'est pas conçue par le compositeur Clint Mansell, qui s'était fait connaître grâce à la BO de « Requiem For A Dream ». La bande originale de « Mother ! » est composée par Jóhann Jóhannsson, le chef d’orchestre de Denis Villeneuve ! En revanche, côté technique, Darren Aronofsky s’entoure à nouveau de son chef opérateur fétiche, Matthew Libatique (qui a signé la photo de tous ses films).

 

Aronofsky renoue avec le genre qu'il affectionne tant : le thriller psychologique. Rappelant ainsi les heures de gloire de celui qui a signé « Requiem for a Dream », « Black Swan » ou encore « The Wrestler ». À cela il rajoute des codes propres au film d'horreur, déjà entraperçus dans sa filmographie : le huis clos, la maison isolée et quelques phénomènes paranormaux sans oublier la musique, oppressante. 

 

Beau casting pour ce film, Jennifer Lawrence, Javier Bardem, Ed Harris ou encore Michelle Pfieffer – tous ont répondu à l’appel du réalisateur. Michelle Pfeiffer a révélé ne jamais avoir lu un scénario tel que celui-ci et ne savait pas si elle avait suffisamment de courage pour interpréter le rôle. Cela a été un véritable challenge pour elle et de ce fait cela était très enthousiasmant.

 

Jennifer Lawrence avoue quant à elle que Darren Aronofsky lui a fait un très beau cadeau en lui proposant ce rôle car elle n’avait jamais interprété un personnage tel que celui-ci.

 

Néanmoins elle était tellement stressée sur le tournage de « Mother ! » qu'elle a souffert d'hyperventilation et s'est abîmée une côte. La comédienne a reconnu que le tournage de ce film était le plus difficile de sa carrière. Elle avait même à sa disposition une « Tente Kardashian » sur le plateau dans laquelle se trouvaient des photos de la célébrité et où Lawrence pouvait visionner des épisodes de « L'Incroyable Famille Kardashian ». L'actrice s'y rendait pour décompresser...

 

du même programme

à voir aussi